Le déplacement, hier, de Nicolas Sarkozy à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), pour la célébration du quarantième anniversaire de la mort du général de Gaulle (le 9 novembre 1970), a donné lieu à la petite entreprise de récupération dont le plus haut responsable de l’Etat est coutumier.
Se drapant dans un gaullisme dont il n’a jamais été le partisan remarqué, hors cérémonies officielles, Nicolas Sarkozy a débité un discours ampoulé, qui baignait dans la gloire de l’hyperprésidence, et dont le style « Guaino » ferait sourire s’il n’était pas d’une mécanique fortement grinçante.
Extrait :
« Chercher entre le capitalisme sans règle et le socialisme la voie de la participation et de la régulation.
Chercher entre le laisser-faire et l’étatisme la voie de l’autorité de l’État.
Chercher entre l’injustice et l’égalitarisme la voie de l’égalité des chances.
Chercher entre les intérêts de chacun, la voie de l’intérêt de tous.
Chercher entre l’immobilisme et la table rase, la voie du progrès dans la fidélité à ce que nous sommes.
Chercher sous la diversité française l’unité profonde de la Nation.
Rassembler les Français par-delà tout ce qui les divise.
Voilà la leçon politique du gaullisme. Car si nul ne peut faire parler le général de Gaulle ni prétendre savoir ce qu’il ferait aujourd’hui, chacun doit méditer sur ce qu’il a fait. »
(Le Président à Colombey-les-Deux-Eglises. Photo AFP. Le tag a été rajouté.)
Une autre version de la prosopopée était préparée, mais, au dernier moment, elle n’a pas été retenue par l’orateur :
« Chercher entre le capitalisme béni et le socialisme honni la voie de la soumission du peuple et de la multiplication des profits.
Chercher entre le libéralisme et l’étatisme la voie du désengagement de l’Etat.
Chercher entre l’injustice naturelle et l’égalitarisme chanté par les droitsdel’hommistes la voie de la justesse sociale.
Chercher entre les intérêts des Français la voie de l’intérêt de quelques parvenus au pouvoir.
Chercher entre l’immobilier et la table du Fouquet’s la voie de la digestion dans la fidélité à ce que nous sommes.
Chercher, malgré l’invasion des étrangers, l’unité profonde de la Nation.
Rassembler les Français par-delà l’opposition politique systématique et désastreuse dont souffre notre pays.
Voilà la leçon politique du sarkozysme. Car si je peux faire parler le général de Gaulle et prétendre savoir ce qu’il ferait aujourd’hui, chacun doit méditer sur ce que j’ai déjà fait et ferai encore. »
On dit à propos que le remaniement gouvernemental serait annoncé en début de semaine prochaine, et que les ambitions de Jean-Louis Borloo, lancé trop tôt sur la cendrée, auraient pris un fâcheux coup dans l’aile.
Mais voici qu’un homme d’une tout autre stature – présidentielle, en un mot – se tiendrait déjà prêt pour 2012. Son récent livre (merci à P.-J. C.) établit un bilan implacable du règne en cour de l’occupant actuel de l’Elysée.
Ce dernier devrait recevoir bientôt par La Poste, si elle n’est pas en grève, un exemplaire de l’ouvrage dédicacé.