Archives de 15 janvier 2011

Avant même que la dépêche de l’AFP n’annonce, hier vers 18 heures trente, le départ soudain, la fuite précipitée, la carapate du dictateur tunisien Ben Ali, tel un Ceausescu chassé par le peuple, on devinait que la situation politique avait atteint son paroxysme.

Il n’était plus possible ou crédible, après son dernier discours calamiteux de la veille, que le président de la République tunisienne durant vingt-trois ans demeure quelques jours supplémentaires à la tête de l’Etat alors que la révolution était en marche, dans la rue, comme pour venger définitivement les victimes des massacres depuis un mois d’un pouvoir aveugle et sans partage.

(Photo capturée ici. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

Nicolas Sarkozy et le gouvernement français auront montré en la circonstance, par leur silence insupportable, leurs déclarations cyniques, et même leurs petites mesures de dernière minute, jusqu’où la « diplomatie » pouvait aller : aux limites de la pleutrerie, de la lâcheté et de la honte qui resteront gravées dans toutes les mémoires.

Mais les Tunisiens se sont enfin débarrassés tout seuls du tyran qui a finalement atterri  à Jeddah, en Arabie saoudite : la reconstruction démocratique de leur pays représente un chantier exaltant.