Archives de 13 mars 2011

« De même que la Science n’a pas jailli comme une étincelle, la Science Fiction n’a pas éclaté soudain entre deux carrefours du réalisme comme une bombe ou un pétard.

De toute façon, la Science Fiction n’est que la forme moderne de l’utopie. Et l’utopie est, on le sait, moins vieille que le monde, mais presque aussi vieille que l’homme, ce bipède pensif. De l’utopie, Hérodote et Platon en firent, comme Bacon, Swift – les merveilleux voyages de Gulliver annoncent aussi bien les voyages en Grande Garabagne de Michaux que les voyages imaginaires d’une galaxie à une autre – et puis Voltaire et Cyrano de Bergerac et tant d’autres. De l’utopie, l’homme préhistorique en fit sans doute, lui aussi, quand il regarda avec quelque terreur les étoiles et qu’il se posa quelques questions larvaires à ce sujet. Sans science, sans connaissance, il aborda probablement le mythe essentiel de la lointaine Science Fiction : le mystère de l’ailleurs, ce mystère abstrait et glacial entre tous. Car, en fin de compte, dans un déploiement spectaculaire de technique en trompe l’œil, bardée de théorèmes en acier chromé et d’instruments de précision, la Science Fiction n’est rien d’autre qu’une quête désespérée aux questions éternelles : Pourquoi ? Où cela ? Comment ? Et si elle lance dans l’espace des milliers d’hypothèses, c’est bien parce qu’elle ignore les réponses exactes. En dépit de son nom, de son apparente sécheresse mathématique, elle est bien la plus imprécise des littératures : la seule qui soit uniquement basée sur un gouffre d’insondables secrets. »

Jacques Sternberg, Une succursale du fantastique nommée Science-Fiction, Editions Le Terrain Vague, 1958 (pages 17-18).

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Il est toujours là, ce café, et les clients dehors pour pouvoir fumer légalement (ainsi ils profitent mieux de la pollution parisienne). Je n’ai pas vu si quelques Japonais essayaient d’oublier le malheur qui s’est abattu sur leur pays. « Ce n’est pas une catastrophe nucléaire, c’est un accident grave » a décrété Eric Besson, le ministre de l’Industrie et de l’Energie (dernière mise à jour du site datant du 9 mars), sans que ses déclarations de spécialiste ne soient reprises par Laurent Delahousse dans le journal de France 2, à 20 heures hier soir.

Ici, le trottoir est devenu espace de discussions, de bières dégustées dans l’atmosphère qui se radoucit : le ciel ne montre aucun OVNI ou UFO pour le moment, rêvons, c’est la nuit et son manteau sans nuages, peut-être factice.

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