Le pinceau du phare

Publié: 26 novembre 2010 dans Tourisme
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L’article se trouvait en haut de la page 27 de Libération du 24 novembre : annonce d’une importante action du ministre de la Culture et de la Communication, comme pour indiquer qu’il était toujours là, fidèle à son poste (et à son pote), et n’avait pas perdu de temps depuis le dernier chamboule-tout gouvernemental.

Ainsi, quatorze phares français allaient être classés monuments historiques – à quand cette dénomination décernée à des personnalités telles qu’Eric Woerth, Liliane Bettencourt, Edouard Balladur… ? – mais on ignorait les critères de sélection et les exclus de cette vague de promotions commençaient à s’agiter furieusement.

Il est vrai que, dans le même ordre d’idée de palmarès, la cuisine française venait d’être inscrite par l’Unesco au « patrimoine culturel immatériel ( ?) » de l’humanité : les gastronomies italienne, espagnole, suisse, belge, japonaise, chinoise… attendraient leur tour. Quelques jaloux toqués allaient-ils se liguer contre ce favoritisme indigeste ?

Serait-ce alors, pour « l’omni-président » autoqualifié, une nouvelle étape dans les « omni-embêtements » ? Hier, le déplacement du plus haut personnage de l’Etat, dans le département de l’Allier, fit apparaître en public son bafouillement de plus en plus prononcé. Nicolas Sarkozy ne devrait-il pas rapidement avoir recours au divan et à un orthophoniste ?

En fait, la photo publiées par Libération ressemblait (revenons à la mer) à un tableau par son aspect impressionniste : le pinceau du phare semblait sortir d’une rêverie nocturne. Je décidai de découper l’article, de le photographier et de l’envoyer à Gilles Klein, cela lui plairait peut-être – s’il ne l’avait déjà épinglé dans sa revue de presse – car il est tellement amoureux de ces fières ou modestes constructions maritimes.

(Photo : cliquer pour éclairer.)

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commentaires
  1. Dom A. dit :

    On attend le classement au patrimoine mondial de l’inhumanité la fouille dans les poubelles.
    Le phare est passé de l’index au majeur, tant mieux; le Français doit comprendre l’importance du redressement (normal, la veille de la journée de la jupe).

  2. @ Dom A. : j’ai cru que tu avais écrit le « redressement moral » (comme sous Pétain, mais cela n’a rien à voir).

  3. Claire dit :

    Enfin une bonne raison de parler de la France, cette nouvelle nous titille les papilles avant les fêtes…

  4. PhA dit :

    Cette cuisine immatérielle me laisse sur ma faim.

  5. @ PhA : elle manque de quelques champignons bien réels…

  6. gballand dit :

    Les ministres – ou anciens ministres – comme « phares » à classer – comme les affaires -, merci de me faire rire (;O) ; mais il est vrai que certains ont eu le mérite de nous éclairer sur les pratiques du gouvernement.
    Envoyer M. S. chez le psy et l’orthophoniste ? Mais où va-t-il les caser dans son emploi du temps ?

  7. @ gballand : la nuit, il aurait du temps libre, dit-on.

  8. Sophie K. dit :

    J’aime bien les phares. Je crois malheureusement qu’il n’y en a plus qu’un seul, par chez nous, qui abrite un gardien, tous les autres étant désormais robotisés. Dommage.

  9. lignesbleues dit :

    cher Dominique, permettez-moi de souligner une petite nuance sémantique qui pèse un certain poids : il ne s’agit pas de cuisine française, mais de repas à la française
    (enfin il faut vérifier l’intitulé complet, ce que je l’avoue, je n’ai pas fait, tout cela finit par m’ennuyer). Quoi qu’il en soit, le terme « repas » est important car il évitait semble-t-il de longs débats au sein de la vénérable institution qui décerne les prix : il permettait de répondre à la question que vous posez : pourquoi la cuisine (ou la gastronomie) française et pas japonaise, italienne, etc. Rappelons que dans ce grand bazar dit patrimoine mondial, ou même « patrimoine » tout court (cf les entretiens du patrimoine sous la direction de Régis Debray : l’abus monumental) , le concept de « patrimoine immatériel » a été inventé afin d’équilibrer la répartition nord/sud des lauriers du patrimoine et de la manne économique qui est censée en découler. Las, c’est sans compter avec l’instrumentalisation politique et économique du sujet. C’est ainsi que nous (français) nous vîmes couronnés pour les polyphonies corses (encore du politiquement correct) et de quelques autres choses encore. En somme, les dindons de la farce, c’est bien le cas de le dire, continuent à nicher au sud, et je ne parle pas de la Corse, mais de géopolitique mondiale…

  10. @ lignesbleues : dire « repas à la française » serait montrer une sorte d’imitation du « repas gastronomique français » – termes exacts employés par l’Unesco – donc mitonné à base de… « cuisine française » et pouvant émaner alors des USA ou du Mexique.

    Le raccourci « cuisine française » ou « gastronomie française », employé par une majeure partie de la presse, renvoie forcément au « repas français« , sinon cela resterait « figé » dans les livres de recettes ou l’un de ceux de Pierre Bourdieu.

    Notre Président, qui avait proposé cette inscription au Salon de l’agriculture en 2008 (là où il apostropha un quidam dans un français au coulis délicieux), a ainsi montré qu’il n’était pas un simple chef… de l’Etat.

  11. @ Sophie K. : à Paris, il y a le phare nocturne de la tour Eiffel (date-t-il des plans originaux ?).

  12. Sophie K. dit :

    @ Dom’ : alors là, je ne sais pas… :0)

  13. patrick verroust dit :

    Le phare de la tour dite Eiffel a été conçu dès l’origine avec une portée de 100km.Il est plus lumineux mais moins digeste qu’un far breton , pourtant far à iodes.. Cela tient à la lentille.
    A l’Unesco , le repas composé de lentilles, premier légume AOC, et de petits salés va éclairer de son immatérialité, l’humanité affamée, pauvre comme job et sans job. Il valait mieux cela que de faire reconnaître au patrimoine culturel de l’humanité la musique de Lucien Durosoir, violoniste et compositeur français dont la carrière fut cassée par la guerre de 14-18; Ventre affamé n’a pas d’oreilles. Omni-président, omniprésence, omniscience, immatérialité de l’être pas de quoi faire un plat de tout çà .Une bonne partie des humains vivent dans la crainte d’être cuisiné dans une geôle à la gégène ou avec n’importe quel autre instrument de tortures.

  14. @ patrick verroust : pour la tour Eiffel, il faudrait mentionner vos sources, sinon le syndrome de la licence « Creative Commons By-Sa » vous guette.

    @ Sophie : tu m’étonnes !

  15. Quotiriens dit :

    Votre phare me rappelle un tableau de Edward « Hopper » .

  16. @ Quotiriens : c’est exactement ça, merci ! J’avais trouvé que cette photo véhiculait une ambiance vraiment picturale.

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