Pauvre petit nyctalope

Publié: 2 janvier 2011 dans Tourisme
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Attiré par le soleil déclinant

pauvre petit nyctalope

tu vas te griller les ailes si tu continues ainsi

tu te diriges obstinément vers l’astre qui scintille

pourtant hors de vue du passant la tête en l’air

ce grésillement mortel serait alors amplifié

par rapport à celui d’une ampoule de lampe de chevet

tu dois bien faire du 900 à l’heure

et tes passagers se préparent à l’atterrissage

la coupe de champagne semblait trop étroite

mais l’hôtesse était charmante

le hublot panoramique même si pas vraiment rond

survoler voulait dire surplomber

la ville d’en bas ignore ce regard travelling d’en haut

la campagne française existe encore

les champs sont dessinés par de fins géomètres

admirateurs de Mondrian

une fois posé l’avion deviendra voiture

pourvu que les freins fonctionnent

et que les aérofreins se déplient à temps

mais il n’y a pas de passage à niveau tout au bout

la rencontre avec une locomotive paraît hautement improbable

à Roissy la neige a regagné le ciel

la terre toujours froide est plutôt dure

et craquelée

pour ceux qui dorment dessus

ou dessous

(Photo : Paris, hier, 17 heures 52. Cliquer pour ouvrir la perception.)

Benoît Dehort

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commentaires
  1. Le texte de Benoît Dehort ne devait paraître que ce matin, lundi 3 janvier, mais une fausse manoeuvre hier soir l’a précipité en ligne plus tôt que prévu.
    Comme Benoît Dehort, j’aime la voix de Grace Slick.

  2. Fabrice dit :

    Personne n’a de prise sur Benoît Dehort. Présent, là où nul ne l’attend, absent là où d’autres l’espèrent. Bref, « un grand transparent » visible à l’œil de nuit lorsque le jour se retire entre chat et loup.

  3. @ Fabrice : parfois, il plane.

  4. Michèle dit :

    parfois, il plane…

    et nous fait planer, comme les pilules, Alice…

    Remember what the dormouse said:
    « Feed your head. Feed your head. Feed your head »

    Merci Benoît, de commencer l’année avec nous. Merci Dominique, pour Jefferson Airplane.

  5. Poussette dit :

    C’est décidé : je ne voyagerai jamais plus en petit nyctalope.

  6. jeandler dit :

    Charmante prière plutôt inattendue…
    Généralement, les prières ne viennent pas du ciel mais y montent!

  7. Sophie K. dit :

    Je connais un nyctalope moi aussi, plus ancien, moins rapide, mais tout aussi planant, avec une belle voix de femme aussi…
    Tiens, Dominique.

  8. Sophie K. dit :

    (Rhâ, la vidéo est coupée net, mille excuses.)

  9. sylvaine vaucher dit :

    Il y a certaines « concordances » mais j’ai horreur du vide !

  10. @ sylvaine vaucher : attention, trous d’air.

    @ Sophie K. : non, c’est une sorte de « fondu ». Mais si tu rajoutes Led Zeppelin, tu obtiens une escadrille !

    @ jeandler : il faut inverser de temps en temps le sens ascendant des choses.

  11. @ Poussette : la Maclaren tient bien la route.

  12. PdB dit :

    lapin blanc, vite, je suis en retard… bah n’importe… le temps ne presse pas tant…

  13. @ PdB : à grignoter, comme une carotte.

  14. Moons dit :

    Le petit nyctalope veut se transformer en Tupolev ? Le petit nyctalope est bien téméraire ! Aérogare au mauvais oeil !

  15. @ Moons : la lune veillera peut-être sur lui…

  16. pour ceux qui dorment dessous,
    La terre est plutôt lourde…
    Difficile de décoller,
    Et donc d’atterrir…

  17. @ pierrot la tombal : certains n’ont même pas connu l’âge de l’aviation.

  18. Zoë Lucider dit :

    Hmmmm. Merci pour Grace Slick que je n’avais plus écoutée depuis trop longtemps. Elle planait bien, il est vrai.

  19. Dom A. dit :

    Finalement, filmer l’Elysée en plongée est bien plus facile que filmer « Vingt mille lieues sous les mers », en contre-plongée.

  20. Nomade dit :

    Merci pour Take Five, impérissable et toujours éblouissant. Tellement bon que je n’en ai jamais entendu qu’une seule version.

  21. @ Nomade : oui, je ne vois pas (ou n’entends pas) quelle version pourrait égaler celle-là !

    @ Dom A. : tout dépend du commandant de bord.

    @ Zoë Lucider : elle me fait penser à Nico du Velvet Underground.

  22. […] dernière œuvre en date de l’écrivain Benoît Dehort, Dentelles quelles, risque de rater de peu la poignée de lecteurs qui l’ont suivi jusqu’à […]

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