De Keersmaeker à Armentières (Nord)

Publié: 30 janvier 2011 dans Danse
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Anne Teresa De Keersmaeker s’était dédoublée hier soir : son spectacle En Atendant était sur scène à Paris – vu l’été dernier lors du festival d’Avignon – et Rosas danst Rosas (1983) se jouait à Armentières (Nord) dans la grande salle nommée Le Vivat. C’était plus tentant d’aller dans cette petite ville où l’activité culturelle fait fi d’un froid (moins deux degrés) qui se voulait dissuasif.

(Photos : cliquer pour agrandir.)

Précédée, dans une autre salle, par une création de Marlene Freitas, Primera Impressao (une danseuse, 20 minutes), la machine d’Anne Teresa de Keersmaeker se met en marche, en danse, et les quatre actrices à l’énergie sans faille (durant 1 heure 40) enchantent le plateau sur la musique répétitive de Thierry De Mey et Peter Vermeersch.

Un instant, leurs visages se montrent de profil (on pense à l’Egypte) puis reviennent dans l’axe, les bras se lèvent et s’abaissent en cadence, les cheveux tombent, cascades impétueuses, et se relèvent d’un mouvement de tête, tandis que les corps semblent, si légers, s’envoler par périodes.

La profondeur de la scène elle-même, sol couleur bakélite, chaises au garde-à-vous, est l’arène rectangulaire de cette photographie vivante, cette reproduction au centimètre près des gestes de la vie quotidienne (les tee-shirts qui découvrent une épaule), les enchaînements comme quatre fois multipliés en miroir, chorégraphie en points de fuite dont on se demande par quels méandres mentaux elle peut être mémorisée.

Les gestes sont tout à la fois naturels et millimétrés, la musique leur colle à la peau. Les danseuses suivent, poursuivent et rattrapent l’inexorable de leur parcours : elles ont dessiné une apparition dans l’espace et le noir viendra (avec les applaudissements) jouer le baisser de rideau sur des roses qui demeurent piquées dans la tête.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

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commentaires
  1. JEA dit :

    Armentières ? Paradoxe d’une Ville qui choisit un Cordonnier comme architecte pour reconstruire ses monuments laminés par la guerre de 14-18…

  2. PdB dit :

    Votre deuxième photo est vraiment magnifique… (on se croirait à Roissy…)

  3. @ JEA : le maire actuel (PS) porte un nom de ville : Haesobroeck.

    @ PdB : c’est plutôt du côté de Lesquin…

  4. brigetoun dit :

    si je pouvais voir tout ce que je désire voir… me dédoublerais, m’anéantirais, avec bonheur

  5. @ brigetoun : l’imagination y supplée, parfois !

  6. Zoë Lucider dit :

    Rattrapé mon retard de lecture. pas de commentaire. Il faisait froid à Paris et il m’a semblé que la misère y est de plus en plus apparente, mais c’est sans doute un effet de contraste entre le calme des collines et la cohue de la capitale.

  7. Les routes sont propres. Les pare-brises aussi. Excellent pour la visibilité et pour le photographe 😉 Au Québec, nous vivons entre mi-temps gris, mi-ciel bleu, neige et congères. Et nous rêvons de l’arrivée hâtive – cela sera-t-il ainsi – du printemps. Entre temps, je découvre Armentières par les mots. Il fait froid à Armentières. Moins 2 degrés. Il fait froid à Montréal. Moins dix degrés. Et jusqu’à moins 30.

  8. @ Pierre Chantelois : on a du mal à concurrencer vos températures !

  9. Dom A. dit :

    Une photo par derrière la tête – comme le ferait une hulotte – les cervicales comme des roulements à billes : irréductibilité remarquablement bien huilée !

  10. @ Dom A. : être passager permet de varier les angles…

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