Baiser sur la passerelle

Publié: 3 mars 2011 dans Poésie
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Ils fermaient violemment les yeux, ils étaient seuls au monde, dans celui-ci ou dans un autre,  la passerelle jouait l’oubli malgré son tablier légèrement mouvant et l’eau sous elle comme un aimant vert : je me suis hâté et puis j’ai eu envie une dernière fois de les regarder, je me suis retourné vers eux et j’ai pris une photo à la volée de l’instant magique (je n’étais pas sûr qu’il fût net, et les immeubles seront coupés).

La rambarde de guingois les a retenus, ils se souviendront de l’endroit où ils ont échangé ce baiser dont j’étais le témoin trop indiscret. J’ai repensé, en descendant les marches de l’autre côté du canal,  à un livre d’André Breton & Paul Eluard paru en 1930 – Seghers 1961, mon exemplaire a été achevé d’imprimer le 10 mai 1968 par Offset Aubin à Poitiers (Vienne) – et réédité  cette année, en janvier : L’Immaculée Conception, avec une préface de Philippe Forest. La couverture est illustrée de la même gravure de Salvador Dali.

« L’homme et la femme qui s’aiment ne s’aiment pas assez pour s’assassiner la première fois qu’ils se voient. » (page 58)

(A Paris, le 2 mars. Cliquer pour agrandir.)

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commentaires
  1. pagenas dit :

    Et Miles Davis ne gâche en rien ce moment de bonheur éphémère…

  2. @ pagenas : comme un ascenseur vers l’échafaud…

  3. gballand dit :

    Une phrase à mémoriser dès le premier biberon…
    La page 58 est peut-être la page des révélations, dans tous les romans, j’essaierai d’y faire attention à l’avenir…

    • @ gballand : « Tout est prédit, tout est prévu, tout est inscrit. Une forteresse de sons défend le chant du rossignol, les illusions sont à la taille de la baguette magique, la beauté des robes est faite de la beauté des corps, le soir annonce l’aube. Mais, par une nuit perpétuelle, que le rossignol se taise, la forteresse est prise. » (page 58)

  4. JEA dit :

    Les immeubles en chavirent…

  5. M dit :

    Apollinaire ne devait pas être loin non plus….

    Sous la passerelle de leurs bras passe

    Des éternelles photos l’onde si lasse…..

  6. @ M : les ronds dans l’eau sont aussi des calligrammes.

  7. Cowboy dit :

    Nom de D… ! C’est ma femme !!!
    Ils n’auront pas besoin de s’assassiner, je m’en charge !!!

  8. lindesve dit :

    Je reprends le commentaire que je viens de faire à l’article sur Lombard. Il est parti tranquillement. La semaine prochaine Chirac arrive. Je sens que la défense de ses avocats va être abracadabrantesque et va faire pschitt ! Je me demande si la semaine prochaine on parlera plus de Chirac ou de Khadafi.
    Maintenant ma priorité n° 1 ce sont les riches français qui émigrent pour ne pas payer leurs impôts en France, complètement immoral. Pendant la Révolution, on confisquait les biens des émigrés, vivement qu’on refasse la même chose ! Aznavour, l’ancien patron de Auchan, les sportifs et le show-business et la liste n’est pas exhaustive. Je me vois bien faire des dazibao ! Ce type d’activité est meilleure que le sudoku et les mots croisés pour prévenir Alzheimer. Et l’autre chèvre qui se prend pour un ténor, celui qui habite en Patagonie, a qui on n’ôtera pas sa façon de penser, chaque fois qu’il pollue mes écrans, j’ai un haut-le-coeur.

    Baiser sur la passerelle c’est bien. Dans une couchette SNCF ce n’est pas mal non plus, surtout quand la cabine est occupée par quatre autres personnes que je ne connais que depuis une semaine. C’était il y a presque 40 ans, retour d’un stage UCPA de randonnée en Lozère. C’est bien l’Irréductible pour la lutte des classes mais aussi pour remémorer les bons souvenirs !

  9. PdB dit :

    on avait celui de Doisneau sur la place de l’hôtel de ville, ou sur la colonne de la Bastille, celui des amoureux de Willie Ronis… Il faut donc compter à présent avec celui de la passerelle du canal Saint Martin, due à l’Irréductible… Très bien, Paris et ses baisers, quelle merveille…! (il existe une encyclopédie, mais de la page 48, chez monsieur Pierre Ménard)

  10. sylvaine vaucher dit :

    Baiser avant la tête coupée en entier.

  11. @ sylvaine vaucher : il faudrait pouvoir mettre l’intégralité de l’improvisation de Miles Davis…

  12. Zoë Lucider dit :

    Heureusement qu’on ne s’aime pas assez fort, sinon quelle hécatombe!

  13. @ Zoë Lucider : André Breton avait un alibi : il n’était pas, comme Louis Aragon, fils de préfet de police…

  14. Dom A. dit :

    Ils se souviendront peut-être du tremblement de tes pas, j’espère pour lui que ce ne sera pas l’équivalent de la petite phrase de Vinteuil !

  15. @ Dom A. : juste un peu plus « jazzy »…

  16. Sorcière dit :

    Une description peut relier le monde du concept et celui de l’observation …

  17. calystee dit :

    Ils ne perdent rien pour attendre!

  18. @ calystee : sans doute…

    @ Sorcière : à ce moment-là, elle peut prendre une certaine valeur.

  19. Quotiriens dit :

    Un passant honnête, un regard oblique (mais ce n’est que la perspective qui a fui), ils s’en foutent pas mal. Un instant d’éternité, plus de passé et l’avenir sera ce qu’il sera…

  20. @ Quotiriens : juste un aperçu en effet oblique.

  21. […] et images : Sur une toile de Carol Roque – Baiser sur la passerelle – On fait un bouquet ? – Le parapluie – Scène de […]

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