Archives de avril, 2011

Par une curiosité sans doute malsaine, j’ai allumé la télé hier à 12 h. 41 et l’ai coupée à 13 h. 31. Le soir, j’ai appris que deux milliards de personnes dans le monde avaient regardé le spectacle royal mais elles n’étaient pas toutes branchées sur France 2, dommage pour l’audience.

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En fonction de cet événement capital, le journal de 13 heures (suites de l’attentat de Marrakech, répression sanglante en Syrie, tornades aux Etats-Unis, etc.) pourrait attendre plus tard, comme le ciel.

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Or, ce qui m’a intéressé, c’est de repérer comment le réalisateur (je n’ai pas cherché son nom, mais ce n’était pas Woody Allen) allait mettre en scène « le mariage du siècle », annoncé urbi et orbi depuis des semaines à longs sons de trompes et d’olifants.

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Dès la première seconde, le ton était donné : il faudrait se farcir en permanence l’incrustation de trois logos rouges en même temps sur l’image.

D’abord, une sorte de papillon-médaillon, en haut à gauche, montrant le couple batifolant dans les nuages – ce qui évitait de croire que l’on assistait au tour de France ou à une messe de funérailles à Notre-Dame de Paris – puis, à droite, l’emblème de la chaîne ; enfin, en bas, la mention « Direct » qui prouvait que, oui, on était bien le 29 avril et que ce n’était pas du réchauffé, des fois qu’ils auraient ressorti le film de Lady Dy en 1981 avec sa robe blanche toute froissée (laquelle fut quand même retirée de la naphtaline dans le journal du soir, à titre de comparaison commentée par un spécialiste « fou du Roi »).

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L’image ainsi encadrée semblait pourtant un peu vide : une journaliste sur place apparut en quatrième incrustation qui ajoutait ainsi, alors qu’elle se baladait au milieu de la foule enchaînée, sa propre binette aux figures enamourées des Londoniens massés sur le passage du cortège et, plus tard, du cabriolet Aston Martin portant le « L » de l’apprenti-conducteur à l’avant et un « Just Wed » à l’arrière (humour british).

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Mais pourquoi, sur cette image de télévision, ne figuraient donc pas les marques d’assurance-vie, de lait maternisé, de dessous chics voire d’un assortiment de pilules qui auraient pu intéresser Kate et William ? Et n’aurait-on pu faire défiler, comme sur une chaîne d’info continue, les cours du CAC 40 en même temps que le dernier exploit d’Al Qaida au Maghreb islamique ?

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Dans le même ordre d’idées, on n’ose d’ores et déjà imaginer de quoi pourrait se voir encombrée (hypothèse funeste) l’image d’une télé du service public (s’il existe encore) en mai 2012, lors de la cérémonie d’investiture du nouveau président de la République française… Ainsi, les marques Petit Bateau, Nestlé, Guigoz, Pampers, d’autres encore, auraient déjà retenu, à tout hasard, de nombreux créneaux publicitaires, mais chut !

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(Duke Ellington, The Mooche)

Le président de la République va-t-il devoir prendre, peu avant les élections de mai 2012, un congé de paternité ? Le bénéfice de cette avancée sociale lui permettrait de pouponner à l’aise avant de nous bassiner sur son probable, futur et formidable quinquennat qui n’aura rien à voir avec le premier.

(Photo Sipa, Gala du 26 avril. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

Dans le dernier Canard enchaîné (pour qui ne lit pas Closer ou VSD), les allusions à l’événement « maternel » sont transparentes, que ce soit dans « Le Journal de Carla » ou au travers de deux dessins.

Mais il est fait ailleurs état d’une visite, démentie, de Carla Bruni-Sarkozy (CBS) chez un échographe (de presse ?), ce serait l’étape de contrôle des trois mois. La « première dame » accoucherait ainsi dans six mois, ce qui laisserait alors un battement de la même durée pour faire retentir les tambours médiatiques juste avant l’échéance électorale. Comment être plus proche des Français et masquer au mieux les problèmes de pouvoir d’achat, notamment, par la valse des biberons et la sarabande des couches-culottes au sein de l’Elysée ?

Les fées se penchent déjà sur le berceau de l’enfant de N.S. et CBS : le père présumé a montré qu’il était devenu général en chef  à la force du poignet – Longuet a été rapidement éclipsé – et la mère putative apparaîtra le 11 mai sur les écrans de cinéma (soit le même jour lors du festival de Cannes) dans une oeuvrette de Woody Allen tournée à Paris.

Emue, éblouie, attendrie, la France découvrirait alors, grâce à l’heureuse éclosion, que les fastes et les conséquences d’un mariage « royal » ne sont pas seulement l’apanage de nos voisins anglais : un(e) descendant(e) du couple présidentiel actuel vagirait bientôt et l’avenir serait de nouveau peint de couleurs bleue ou rose.

(Paris, hier, boulevard de Clichy, 18e. Photo : cliquer pour agrandir.)

http://afleurdemot.hautetfort.com/files/l_excessive.mp3❘titles=Carla%20Bruni-L%20Excessive
(Carla Bruni, L’Excessive)

L’exposition occupe une seule salle du Grand Palais et baigne dans la lumière douce et tamisée de l’île de la Martinique. Pourtant, le poète Aimé Césaire semble plus fort et présent ici qu’au Panthéon et son écriture appliquée n’est pas travestie par un scribe qui, récemment, l’a récupérée sans vergogne pour son maître. Accrochés aux murs, les dessins et toiles de Wifredo Lam et Picasso se côtoient dans leur fraternité.

(Photo le 23 avril. Cliquer pour agrandir.)

Dehors, soleil et touristes, De Gaulle arpente indéfiniment la place, circonscrit dans son cercle historique, tandis qu’un esclave moderne est sur le point de faire éclater ses mollets : des visiteurs paresseux lui donneront sans doute un pourboire en dollars. Victor Schoelcher est loin, lui aussi.

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Mais en levant la tête, l’espace s’agrandit, la liberté s’élance, on peut lâcher la bride à l’imagination. L’espace Schengen et ses liquidateurs paraît vraiment minuscule.

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http://bit.ly/mjPICs❘titles=Eric%20Truffaz-Less
(Eric Truffaz, Less)

Il faisait presque peine à voir, hier, Nicolas Sarkozy, lors de sa brève rencontre avec Silvio Berlusconi : l’air crispé, mal à l’aise, et la démarche (gène de la Légion étrangère ?) de celui qui va au casse-pipe, tandis que son hôte calamistré, avec sa perruque, son teint cireux et son portemanteau dans le dos, ressemblait à un clone de lui-même.

(Photo : le monde.fr, hier. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

L’heure était soudain à l’entente cordiale, sinon chorale, et les deux « orateurs » derrière leurs pupitres semblaient attendre les projectiles de foire, comme dans un jeu de chamboule-tout, expédiés par quelques Tunisiens voyageurs pour lesquels on allait rapidement fermer les frontières de l’espace Schengen.

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Le président du Conseil italien m’a fait aussi penser, je ne sais pourquoi, à une photo prise il y a quelques jours dans l’île de la Jatte, à côté de Neuilly-sur Seine, l’ancien fief du président de la République.

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Ce fut quand même un empereur tout à fait réjouissant, Caracalla ! Ouvert – « il étendit la nationalité romaine à tous les habitants de l’Empire » – et très romanesque, en fait.

Cave canem !

(Photos : Ile de la Jatte, le 23 avril. Cliquer pour agrandir.)

(Stefano di Battista, Urban Night)

Mirobolant

Publié: 26 avril 2011 dans Sculpture
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Magnifique expo sur Joan Miró, sculpteur, à Paris au musée Maillol, du 16 mars jusqu’au 31 juillet, rue de Grenelle (7e) au numéro 61 (ne pas confondre avec l’adresse du ministère défunt de l’Education nationale).

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Dimanche, à 11 heures trente, presque personne dans les différentes salles – mais interdit de photographier (1) la moindre oeuvre – et toutes ces sculptures insolites, étranges, poétiques, leurs noms comme des éclairs : Homme et femme dans la nuit (bronze, 1969), Monument dressé en plein océan à la gloire du vent (bronze, 1969), La marche pénible guidée par l’oiseau flamboyant du désert (tableau, 1968), Jeune fille s’évadant (bronze peint, 1968), sans compter la monumentale Constellation (bronze, 1972), le Personnage avec robinet (bronze, 1970) et tant d’autres…

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Avant de descendre au sous-sol, on peut regarder une vidéo sur grand écran où l’impérial Duke Ellington joue au piano et au soleil, avec l’impassible Sam Woodyard à la batterie et l’insouciant Charles Lamb à la contrebasse, sous le regard du peintre-sculpteur, un impeccable Blues for Miro (1966), que l’on a le plaisir de retrouver ici.

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Car la musique se sculpte aussi dans l’air, parfois le temps d’un film, tandis que les paroles des pantins du pouvoir en place sonnent comme de tristes fausses notes.

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(1) Merci à Catherine Désormière pour le lien.

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C’était, l’autre jour, un simple bric-à-brac, comme la rencontre imprévue… d’objets n’ayant rien à voir ou à se dire entre eux sauf peut-être le saugrenu de leur rassemblement, leur récréation autorisée, animaux d’Afrique ou d’agrément de parcs publics, petite vasque et coquille Saint-Jacques composant, loin de Compostelle, des apparentements avec des bouteilles, des fioles à parfum – qui avaient été capiteux, forcément – des boîtes à secrets ou à pilules, des statuettes lorgnant vers des religions disparues, des petits coffrets dépossédés, un coupe-papier peut-être en ivoire (utile aux livres de Julien Gracq avant La Pléiade), une paire de jumelles de théâtre pour les trois sœurs de Tchekhov et un semis de marguerites encadrant cet homme ou cette femme en cravate qui semblait ordonnancer le méli-mélo de la vitrine instantanée.

(Photo : Paris, rue de Lancry, 10e, le 19 avril. Cliquer pour agrandir.)

Après la Somalie, Frédéric Mitterrand – dont le comportement dans les nominations théâtrales venait à nouveau de faire jaser – aurait-il décidé de s’attaquer à Staline ?

Même si l’on pouvait trouver plus d’un rapprochement entre les deux personnages (la décision arbitraire, la sanction brutale puis la nomination-rattrapage…), le ministre de la Culture et de la Communication n’était apparemment pas l’auteur de la pièce qui s’affichait sur les colonnes Morris parisiennes.

(Photo prise le 19 avril à Paris, boulevard de Magenta, 10e. Cliquer pour agrandir.)

Frédéric Mitterrand avait préféré parader dimanche 17 avril à la soirée des Molières, en applaudissant du bout des doigts, avec un sourire niais, la parodie de Carla Bruni par Michel Fau et la diatribe lancée contre sa politique calamiteuse par une intermittente du spectacle.

Loin derrière lui, comme une traînée de poudre plus ou moins frelatée, son « œuvre » n’avait plus bougé depuis qu’il était entré en politique le 23 juin 2009 et avait choisi son camp, camarade. Il savait que ses jours étaient comptés (jusqu’en mai 2012) et qu’ensuite il devrait abandonner les plaisirs et les ors de la rue de Valois.

Quand Staline était mort le 5 mars 1953, Mitterrand (le neveu) ne lisait pas encore Le Monde. Il ignorait alors qu’il aurait plus tard, durant une période strictement balisée dans le temps, le pouvoir de faire tomber des têtes, d’en placer – parfois les mêmes – ici ou là, de décréter, de trancher et d’accomplir l’entreprise de démolition du secteur culturel pour laquelle il avait été choisi (sur son nom) par l’occupant de l’Elysée et qu’il accomplissait avec la servilité d’un acteur décadent sur le retour.

A de nombreuses reprises, j’avais remarqué ce panneau indicateur pour touristes, sur l’autoroute A 11, indiquant la sortie Illiers-Combray (Eure-et-Loir), direction Chartres sud, avec un dessin de plume et d’encrier, mais sans mentionner à qui il était fait allusion (les happy few comprendraient).

 

(Photos : cliquer pour le souvenir.)

Et alors on se dirige vers le fameux village où Marcel Proust enfant passa ses vacances (de six à neuf ans) et dont il traça l’empreinte, l’odeur, le souvenir immarcescible – osons utiliser ici cet adjectif – fixé, comme une photographie sépia, au début de son immortelle recherche Du côté de chez Swann (Grasset, 1913, Gallimard, 1919).

 (Photo : cliquer pour entrer.)

C’est là que se dresse le clocher, c’est là que se trouve, à l’angle de deux rues, la « maison de Tante Léonie ».

(Photos : cliquer pour visiter.)

Le parcours du lieu, transformé en musée admirable dont il faut recommander la visite tant il est à la dimension humaine de celui qui y connut joies et peines, démarre, samedi 16 avril, à 14 heures trente.

D’abord la salle sur la droite, dans la cour, avec ses fauteuils d’osier, et puis on entre dans la maison et sa cuisine : la petite cafetière marron de Proust est toujours là, posée sur la table (est-ce bien prudent ? En aparté, j’ai posé la question au guide du groupe d’une quinzaine de personnes).

Ensuite, on monte l’escalier et l’on arrive dans la chambre de celui qui écrivit, après sa phrase tellement célèbre sur l’heure de son coucher : « J’appuyais tendrement mes joues contre les belles joues de l’oreiller qui, pleines et fraîches, sont comme les joues de notre enfance. »

(Gallimard, Folio N°1924, édition février 1988, page 4.)

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Le lit paraît si petit. Sur la minuscule table de chevet, le livre François le Champi ne porte pas le nom de George Sand (l’exemplaire d’origine est conservé sous vitrine dans la grande salle-grenier des objets-souvenirs et multiples photographies, notamment de Nadar).

 « A Combray, tous les jours dès la fin de l’après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand-mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où l’on me trouvait l’air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l’heure du dîner, on coiffait ma lampe ; et, à l’instar des premiers architectes et maîtres verriers de l’âge gothique, elle substituait à l’opacité des murs d’impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané. »

(page 9.)

(Photo : cliquer pour surplomber.)

Puis l’on progresse de pièce en pièce (ici, un piano droit, là une fenêtre donnant sur la rue) et, après avoir admiré la chambre de Tante Léonie, sa table avec notamment la bouteille d’eau de Vichy-Célestins, l’on redescend jusqu’à la salle à manger et tout son lustre.

Juste à côté, c’est le petit salon « oriental » avec peinture exotique et ce vitrail. L’hôte du lieu nous dit alors que dans Jean Santeuil, roman d’apprentissage, Proust a décrit un rayon de soleil qui traverse les carreaux de couleur en jouant dans la pièce avec les reflets ainsi créés.

Mais voilà qu’au moment même où notre guide rapporte ce fait, la pièce s’illumine, comme pour illustrer l’aspect véridique du souvenir. Je lui demande aussitôt si je peux prendre une photo : « Exceptionnellement, oui ! », me répond-il.

(Photo : cliquer pour une vision proustienne.)

Soudain, la scène devient romanesque (le regard dédoublé me trouble) et je me sens presque coupable d’avoir ainsi saisi l’instant privilégié.

(Photo : cliquer pour quitter.)

Plus tard, en rentrant à Paris le soir, je tomberai sur cette phrase dans Du côté de chez Swann : « Il y a beaucoup de hasard en tout ceci, et un second hasard, celui de notre mort, souvent ne nous permet pas d’attendre longtemps les faveurs du premier. »

(page 43.)

(Photo : cliquer pour prendre définitivement du champ.)

(César Franck, Sonate pour violon et piano)

Il a donc repris son bâton de pèlerin et s’en va derechef porter, comme lors de sa campagne électorale avant l’élection présidentielle de mai 2007, la parole évangélique de la droite rigide devant les badauds rassemblés, soigneusement choisis et encadrés.

(Photo parue dans lemonde.fr du 19 avril. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

Hier, il était à Charleville-Mézières (Ardennes) où il avait prononcé son fumeux discours, le 18 décembre 2006, sur le « travailler plus pour gagner plus ». Dans une envolée lyrique, il s’était même plu à affirmer alors : « Ici, nous inventerons la métallurgie du futur ». Claudine Ledoux, la maire PS de la cité rimbaldienne, avait appelé au boycott de la venue de l’homme qui distribue ses promesses comme des indulgences.

Et cela devrait durer encore jusqu’en mai 2012 : le tour de France de Nicolas Sarkozy (pas en vélo mais en voiture blindée) permettra de tenir les chaînes de télévision en haleine, avec son lancer de petits cailloux à chaque fois renouvelé, les graviers d’une mesure soudainement « sociale » ou « légale » remplaçant celles annoncées la semaine précédente.

 Pauvre pantin désarticulé qui singe (pantomime) le mensonge à chaque phrase.

La bétonneuse médiatique est donc en marche car l’arrivée de la course se rapproche inéluctablement et l’échappée n’est pas vraiment belle pour le moment, même si quelqu’un vient d’oser rappeler en vrai au Président qu’il était marié à une formidable cantatrice.

« Confins, lisières, frontières, effectivement, sont des lieux qui m’attirent en imagination : ce sont des lieux sous tension, et peut-être cette tension est-elle – matérialisée, localisée – l’équivalent de ce qu’est la tension latente entre ses personnages pour un romancier psychologue : un stimulant imaginatif initial. Il arrive le plus souvent que les personnages, dans mes romans, soient eux-mêmes mis, par rapport à la société, dans une situation de « lisière », par une guerre, par des vacances, par une mise en disponibilité quelconque. De sorte que cette mise sous tension du lieu de l’action mobilise plus décisivement des personnages qui sont eux-mêmes désancrés : c’est du moins l’idée que je m’en fais. Le magnétisme ne meut qu’une aiguille dont le pivot est aussi immatériel, aussi lâche que possible ; à l’origine, on la plaçait sur un fétu de paille flottant sur de l’eau. »

Julien Gracq, Entretiens, José Corti, 2002 (page 171).

La petite ville – sa forme – de Champtocé (Maine-et-Loire) n’est pas loin de Chalonnes où l’on gîtait, il semblait alors intéressant d’aller voir les ruines demeurant d’un château qui n’était pas d’Argol.

C’est là, dit-on, que Gilles de Rais naquit en 1404.

On traverse le pont, on arrive à Ingrandes, et puis c’est bientôt le lieu supposé (à rebours) qui donna vie à l’odieux personnage, compagnon de Jeanne d’Arc, en fin de compte pendu puis jeté dans les flammes du bûcher avant elle.

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L’Histoire s’est emparée du saigneur de Tiffauges. Georges Bataille (voir ici un site amusant), Michel Tournier ont écrit sur le mythe.

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« Deuxièmement, pour les véritables alchimistes en quête de pierre philosophale, l’arquémie est considérée comme une pratique vulgaire qui consiste à transmuter les métaux vils en or. Il serait alors compréhensible que Jacques Cœur cherche à stopper des pratiques « inférieures » à la noble alchimie qui est consacrée à la recherche de la Pierre Philosophale ou de la Médecine universelle, les deux étant parfois confondues. »

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Ainsi, l’Arquémie ne serait pas ce que de vains esprits croient s’ils se fient à telle ou telle inscription touristique.