Julien Gracq de nouveau

Publié: 18 avril 2011 dans Vidéo
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Je me souvenais de cette photo de la rue du Grenier à sel.

Publiés tout récemment par les éditions José Corti, les Manuscrits de guerre ont remis Julien Gracq à l’ordre (ou au désordre) du jour.

Il se trouve que lors d’une « escapade » de quelques jours sur les bords de la Loire, je suis passé à Saint-Florent-le-Vieil.

 En voici quelques images, mêlées au fil des eaux impétueuses – le sable est leur signature minérale, déposée ici ou là.

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commentaires
  1. lignes bleues dit :

    amusant : j’ai fait cette promenade il y a 6 semaines : une éternité d’autant que les lieux donnent ce sentiment eux-mêmes, à l’exception peut-être des voitures et de la « signalétique urbaine », comme on dit

  2. JEA dit :

    Début de printemps, la Loire sort de son hibernation et de son grenier, elle vient mettre son grain de sel dans le paysage…

  3. @ lignes bleues : certes, Saint-Florent-le-Vieil n’a pas encore de rues ou ruelles piétonnières, mais c’est peut-être aussi bien, sinon l’endroit ressemblerait trop à ces petites villes proprettes et aseptisées, toutes alignées sur le même modèle.
    D’ailleurs Julien Gracq a possédé quatre 2 cv, il n’était pas ennemi de la voiture.
    Mais l’éternité dépasse ces accidents.

  4. @ JEA : les anguilles (mais avec un peu de persil) l’apprécient…

  5. Ceriat dit :

    Merci pour cette très agréable promenade dans ce petit village typique et bel hommage à Julien Gracq.

  6. Gilbert Pinna dit :

    En haut, le pont d’acier qui roule, plus bas, la rive et ses frissons.

  7. Désormière dit :

    Avez-vous vu ces fantômes ?
     » Une vieille photographie, qui date de 1913 ou du début de 1914, ressurgit à St-Florent d’un album oublié : il y a là mon oncle, ma tante, qui me tient par la main, (je dois avoir trois ou quatre ans), ma mère, deux des employés de la mercerie, en blouse de travail grise, les trois bonnes Marguerite, Nanette et Julia, l’aubergiste de l’Hôtel de la Loire, Courant, dit Chotard, le chien et la chienne de ma tante, Black et Follette. »
    Carnets du grand chemin, Julien Gracq.
    Je viens d’user de mon droit de citation, mais c’est la suite qui donne toute son importance à ces quelques lignes, qui finalement n’ont rien d’anecdotique.

    • @ Désormière : hier soir, je suis tombé sur ce même passage, en feuilletant en montant (oui, il était le seul survivant), mais là j’en retrouve un autre :

      « Quant à mes origines, je manque de mélange. Pas de croisements profitables dans mon ascendance. Du côté paternel, mes attaches sont à St-Florent, au moins depuis la Révolution et sans doute au-delà ; du côté maternel, à Montjean, la Pommeraye, Champtocé, depuis aussi longtemps : un cercle d’un rayon de huit kilomètres entre le tombeau de Beauchamps et le château natal de Gilles de Rais, a contenu toute mon ascendance depuis six générations et au-delà : tout cela Mauges, vallée de la Loire et Mauges encore, artisans de village presque tous, « filassiers », boulangers, forgerons, mariniers, tous, aussi loin que je remonte, parcimonieux, âpres au gain, comptant sou par sou, fermes sur les liens de famille, acharnés à acquérir, à hériter et à conserver. »
      (Carnets du grand chemin, pages 137-138).

      Gilles de Rais : demain ?

  8. Dom A. dit :

    Un volet est ouvert !?
    N’aurais-tu pas remarqué une fissure, comme celle de la maison Usher ?
    Ce serait, pour le moins, amusant !

  9. lautreje dit :

    bien agréable votre film de vacances,
    envie d’étendre les bras jusque là !

  10. Zoë Lucider dit :

    Le contraste entre la modernité du pont et ce pêcheur tranquille sur sa barcasse est savoureux. La Loire est réputée un fleuve dangereux (ses tourbillons).

  11. @ Ceriat : village typique auquel manque un type recommandable.

    @ Gilbert Pinna : oui, graphismes solides et liquides.

  12. @ lautreje = quelques images, mais mon objectif est maintenant rayé !

  13. @ Zoë Lucider : la barque est fermement attachée à la rive.

  14. PhA dit :

    Les eaux larges.

  15. PdB dit :

    calme et reposant… tranquille et heureux peut-être, un moment… (on part en vacances sans en avertir le pékin ? c’est pas joli joli, ça, Irréductible, mais bon, welcome in Paris…! :°))

    • @ PdB : le pékin avait été averti et ce n’était pas du chinois, encore fallait-il juste regarder sous le lecteur musical en fin d’article !

      • PdB dit :

        devriez savoir que le pékin moyen, moi en l’occurrence, lorsqu’on lui propose un philip glass, ne lit plus mais écoute… (honte sur moi) (mea culpa, mea maxima culpa…!)

  16. @ PhA : question de point de vue (pièce du haut, balcon, promontoire, île…).

  17. PMB dit :

    Tout le bas Saint-Florent (avec en point d’orgue l’horrible hôtel de la Gabelle, que seul le fait que Gracq y recevait ses hôtes rend sympathique) est triste et abandonné, et la rue et la maison de Gracq pis encore.

    La rue qui monte (vous n’avez pas oublié ParChemins) et surtout le haut sont plus plaisants. Et particulièrement vivants l’été lors des Podiums Florentais.

    La vue des ponts me rappelle quelque chose…

    LE PONT DES COLERES

    Cette bien plaisante cité des bords de Loire qui veille en silence un écrivain aussi grand que discret donne chaque samedi des vacances d’été la sérénade aux touristes et aux gens du pays, avec des artistes plus ou moins amateurs qui se produisent sur une ligne montant du port à la place de la Mairie. Et tout ça sans grande prétention, mais qu’est-ce qu’on s’en tamponne le baladeur, du moment que le plaisir y est.
    Maintenant, le scooter a remplacé la moto ; mais le bonheur d’humer l’air qui passe, surtout s’il est tiède, reste le même. J’aborde à bon train de cherche-musique pressé le pont qui traverse en deux enjambées le roi des fleuves et inversement. Notre belle paresseuse a pris ses quartiers d’été sur un sable omniprésent que le soleil du soir effleure de son or pâle. Tiens, à droite, un homme, perché sur la rambarde, il regarde l’eau.
    Souvent je comprends vite, mais il faut m’expliquer longtemps. C’est pour ça que je continue, avant de freiner en panique et de faire demi-tour, bien pour ça le deux-roues. Pas de temps à perdre, mais disons sans grande fierté que ce qui va suivre sera, pour moi, placé sous le signe de l’agitation brouillonne. Demander ce qu’il fait à l’homme (quelle question !). Écouter sa colère. Lui dire qu’il n’y a pas assez d’eau et que tout ce qui risque de lui arriver c’est de se faire très mal, on en connaît qui sont devenus tétraplégiques pour moins que ça. Pas mon portable, bien sûr, juste là où il aurait son rôle. Ameuter à coups de sémaphore les clients d’un restaurant proche. Continuer à parler. En même temps, faire de grands gestes à la première auto qui passe, et se contente d’accélérer ; à la deuxième qui accélère aussi malgré ou parce que, de colère, mes gestes frôlent l’obscène (Elle fera demi-tour après le pont, le papa aidera, et je retrouverai ensuite sa famille occupante dans les rues musiciennes. Nous échangerons nos soulagements, ils ne sauront rien de mon contrecoup de saisissement qui n’aura lieu que dans la solitude de la nuit : et s’il avait sauté quand nous étions seuls ? Et si j’avais vu ce que je ne veux pas imaginer ?).
    On accourt. On réussit à ceinturer avec une sangle l’homme qui a essayé de se jeter à l’eau et tire en pleurant vers le bas de toutes ses forces de perdu. Les gendarmes arrivent, les pompiers aussi. Maintenant qu’il gît sur son brancard, tout débraillé, qu’il pleure toujours, ils lui parlent, parler est utile autant pour soigner que pour se soigner de la peur de ce qu’on aurait pu voir.
    Et voici enfin sa compagne, la cause du désespoir, que des voisins les connaissant ont réussi à joindre. Une jeune femme, mince, en jeans.
    A sa façon comme lasse, détachée, de regarder l’homme qu’elle n’aime plus, d’en parler, je me demande s’il n’a pas eu raison de tenter sa chance.

    Eté 2006

    • @ PMB : merci pour votre commentaire (la libraire de ParChemins avait rencontré Julien Gracq avant de s’installer là après son décès) et ce texte qui rappelle l’attirance de l’eau, amante parfois fatale.

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