Archives de 1 mai 2011

Dans la file d’attente du Majestic Bastille (conservez ces salles de cinéma aux noms mythiques !), peu avant 15 h.30 hier, et alors qu’il fait encore beau dehors, un type dit à sa femme, en regardant l’affiche d’Animal Kingdom : « Le titre du livre d’Orwell, Animal Farm, a été traduit de deux manières : « La Ferme des animaux » et « Le Royaume des animaux ». Or, il s’agit en fait de La République des animaux, mais je n’allais pas provoquer une bagarre générale près de la caisse. Il est vrai que le grand  George Orwell  revient périodiquement dans l’actualité littéraire.

(Photo : cliquer pour le clap.)

Pourtant, avec le premier film australien de David Michôd, pour lequel la critique a été dithyrambique, notamment le journal Libération, rien de science-fiction – et même plutôt un manque de science dans la fiction. Animal Kingdom ressemble en effet à un polar ultra-classique, qui ne brille pas par les mille feux de l’originalité de sa mise en scène : les ficelles sont apparentes, les plans non remarquables, et le jeune héros buté (au sens de « refermé » sur lui-même) laisse plutôt indifférent.

On se demande même, en dehors des nécessités de l’enquête sur des assassinats divers et variés liés à la drogue, pourquoi le policier qui dirige la traque – joué par le toujours impeccable Guy Pearce, celui de l’insurpassable et inoubliable L.A. Confidential – s’attache autant au jeune gangster, si ce n’est parce qu’il représente le maillon faible et à peu près « humain » de la famille, ou du poulailler, des déjantés avec sa Ma Parker de service.

Oui, ça défouraille un peu tous azimuts et sans trop de mobiles apparents, le décor australien est quasiment absent (juste une discussion en forme de parabole sur l’âge millénaire des arbres du bush comparé à la durée de vie minuscule des insectes) et la capitale Melbourne, lieu des règlements de comptes entre les truands et « l’anti-gang », apparaît uniquement à l’occasion d’un plan général furtif pris de nuit.

Qui dit cinéaste d’origine australienne pense aussitôt à Peter Weir : mais là, il s’agit d’une autre catégorie, comme la rencontre fortuite sur un trottoir d’une moto anglaise, boulevard Richard-Lenoir, avec quelques deux-roues utilitaires, uniformes et sous surveillance.

(Photo : cliquer pour le kick.)


(Nancy Sinatra, Bang Bang)