Archives de 20 mai 2011

Oui, cela commençait à bien faire, on ne parlait plus que de lui, le monde était-il donc réduit à ces trois initiales ?

La vie s’était arrêtée, soudain suspendue au moindre des gestes du violeur présumé – et qui parlait de « la victime », ce qui prouvait bien qu’il y avait eu crime et cela pouvait s’appeler « le mystère de la chambre 2806 » (Libération du 19 mai) ?

(Photos : Paris, le 17 mai. Cliquer pour agrandir.)

Hier soir encore, sur France 2, un pugilat télévisé était diffusé en direct à 20 heures 30 pour les Français qui aiment ce sport, starring : Robert Badinter impeccable, forcément, Laurent Joffrin perdant les pédales, Franz-Olivier Giesbert égal à sa suffisance même, Yvan Roufiol à l’image du Figaro, Manuel Valls courageux, une journaliste anglaise faisant de la figuration et David Pujadas confondant Washington avec New York.

Sur la place du Panthéon, Pierre Corneille en restait de marbre : des tragédies, il en avait connu d’autres, il n’y a pas de fumée sans feu. Illusion comique !

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Ne pouvait-on vraiment parler d’autre chose ? Prendre la télécommande, changer de chaîne ? Ce feuilleton, oui, pourquoi nous l’imposait-on alors que Fukushima, Carla, les panneaux annonçant les radars démontés, la sécheresse, il n’y a plus de saisons, tout ça était passé à la trappe ? La politique, les conséquences internationales de « l’affaire », les prochaines élections présidentielles en 2012, non mais, sans blague, qui ça intéressait, ma bonne dame ?

Regardez comme c’est joli, les fleurs et les arbres (en fleurs) et les pots, ne nous noyons pas dans l’actualité vulgaire, les sites d’infos, la télé, l’avalanche de ces photos, ces vidéos, les journaux, voyez plutôt les petits zoziaux sur fond bleu !

(Photo : cliquer pour agrandir.)

(Big Bill Broonzy, Get back)