Archives de la catégorie ‘Musique’

Ce matin, pure musique : The Modern Jazz Quartet, avec John Lewis (piano), Milt Jackson (vibraphone), Percy Heath (bass), Kenny Clarke (drums).

Souvenirs de notes comme des gouttes de pluie attendries, caressantes, vénitiennes ici, car Sait-on jamais… et le film de Roger Vadim – avec Françoise Arnoul, « La Chatte » –  qui bravera le temps et la critique collet monté.

Nappes du vibraphone, pointillisme du piano, flux de la batterie, reflux de la basse.

Lagune…

Sur la scène, l’enchantement et le silence, paradoxalement.

45 tours et puis s’en vont.

(Le morceau choisi ci-dessous est extrait d’un autre album du MJQ.)

(The Modern Jazz Quartet, Django)

(Scan de la pochette. Cliquer pour passer au L.P.)

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Aspects d’Aperghis

Publié: 10 juin 2011 dans Musique
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Une fois dans les tréfonds de l’Ircam, Michael Lonsdale apparaît incognito dans la file d’attente. Puisque le festival Agora a commencé le 8 juin, je remarque que Pierre Gervasoni a sûrement écrit un article dans Le Monde du lendemain (je l’ai dans mon sac à dos mais pas encore ouvert) sur cette pièce de Georges Aperghis, Luna Park, créée et retransmise la veille sur France Musique à 20 heures :  mais sans les images vidéo, cela devait être quelque peu frustrant.

Tard hier soir, je lirai ce compte rendu dithyrambique.

(Photos : Paris, place Igor-Stravinsky, 4e. Cliquer pour agrandir.)

Il est vrai que le spectacle est remarquable sur le plan technique – quatre cubes où les quatre acteurs jouent de leurs corps ou de leurs instruments dans des jeux de langue et de miroir – mais un peu irritant sur celui de la musique qui semble parfois asphyxiée par le dispositif vidéographique même.

(Photo : deuxième à gauche = le compositeur. Cliquer pour agrandir.)

Chez Georges Aperghis, il existe une sorte de lettrisme musical, et ici l’ambition est de mêler images (réelles ou mentales) et sons (diffusés aux quatre coins de la salle) dans une sorte de maelström répétitif montrant ou dénonçant une société de surveillance où l’œil étatique et anonyme s’est dispersé en des milliers de caméras, plus ou moins dissimulées dans les rues et ailleurs.

(Photo : Beaubourg. Cliquer pour agrandir.)

Mais cette œuvre n’a pas de connexion visible avec l’envoûtant Lunar Park de Bret Eaton Ellis, sauf sans doute un certain aspect policier !

Sur la publicité parue pour le festival Agora, L’Irréductible est mentionné en toutes lettres : nous nous abstiendrons de porter plainte contre Frank Maldener, le directeur de l’Ircam, pour plagiat, contrefaçon et utilisation non autorisée d’un titre excessivement célèbre de blog. Notre avocat estime en effet qu’il s’agit d’un pur hasard objectif, ce qui est un argument sans réplique possible.

(Scan : Télérama Sortir, du 8 au 14 juin. Cliquer pour agrandir.)

(Georges Aperghis, Récitations)

Déviations ambiantes

Publié: 19 mars 2011 dans Musique
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Quelques autres photos prises à Antony (92) le 15 mars. J’ai vu dans Le Nouvel Observateur de jeudi que Joan Baez, la grande prêtresse de la paix – qui pose la question : « Mais pourquoi donc épouser Sarkozy ? » – sera en tournée en France à partir du 25 mars.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

(Photo : cliquer pour agrandir.)

(Photo : cliquer pour agrandir.)

La place de la Bastille à Paris était presque déserte, et semblait minuscule par rapport à la place Tahrir du Caire où le peuple égyptien jouait sa peau et son avenir.

(Photos : cliquer pour agrandir.)

Demain, ce sera le dixième anniversaire de la mort du compositeur Iannis Xenakis (29 mai 1922-4 février 2001), et un hommage lui était rendu hier soir, à l’Opéra Bastille, par l’ensemble Solistes XXI dirigé par Rachid Safir.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Il fallait aller dans l’auditorium, en sous-sol, pour écouter les cinq pièces interprétées pour l’occasion : Zyïa (1952), N’Shima (1975), Metro Vox (hommage à Xenakis, création de José-Manuel Lopez-Lopez), Nomos Alpha (1965-66) et Nuits (1967). Dans l’ensemble, l’interprétation manquait, hélas, de dynamisme et le fameux Nuits ne portait pas ici l’intensité frappante ressentie lors d’autres représentations.

(Photo : cliquer pour applaudir.)

Au sortir du restaurant, après le spectacle, la place de la Bastille était toujours presque déserte. Dehors, il faisait comme aussi froid que dedans. Plus loin, en ses appartements, Frédéric Mitterrand se demandait s’il devait faire arracher certaines affichettes qui outrageaient depuis peu les kiosques de presse.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

(Belle) femme à la rue

Publié: 26 janvier 2011 dans Musique
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J’ai encore sa voix dans l’oreille quand elle chantait Kurt Weill. Et soudain, mardi près de la gare du Nord, elle me regarde, Ute Lemper, comme l’Ange bleu bis, (belle) femme à la rue…

Elle passe le 5 février au Théâtre des Champs-Elysées, mais tout doit être déjà complet.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Le lendemain matin, dimanche 6 février à 11 heures, j’ai vu que se produisait au même endroit Michel Portal, infini musicien qui ne manque jamais de souffle : il fait même valser les brunchs, maintenant ?

La carotte de Juillet

Publié: 18 décembre 2010 dans Musique
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Pour satisfaire les injonctions gouvernementales, la neige s’était enfin décidée à tomber hier soir sur Paris : place de la Bastille, la carotte de Juillet attendait son gigantesque bonhomme en blanc.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Tandis qu’un ministre, spécialiste de la météo, se voyait condamné pour la deuxième fois par la justice (mais son avocat faisait appel), une future candidate aux élections présidentielles dévisageait sans vergogne les passants à tous les coins de rue – « Je suis partout », devait-elle penser en son for(t) intérieur.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Dans la rue de la Roquette (11e), tourner à droite puis aller jusqu’au bout. La Scène dit simplement ce dont elle joue. Les groupes musicaux se succèdent dans une compétition avec vote à main levée des spectateurs.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

En rentrant après le concert, j’ai l’impression d’être soudain en proie à des acouphènes sur le quai du métro : « Mais non, c’est un sifflement permanent dans la station ! », me rassure la mère du bassiste de Blush of Modesty.

Finalement, ils sont très raisonnables, ces jeunes musiciens.

Gare de lest

Publié: 30 octobre 2010 dans Musique
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Récemment, j’ai fait un détour en passant sur le parvis de la gare de l’Est à Paris (10e). Après son ravalement, la façade demeure encore toute proprette et il est quand même regrettable que Jean-Louis Borloo lui-même en vienne à diminuer le bonus qu’il avait accordé aux acheteurs de voitures non polluantes en 2008 – à l’époque de ses Grenelle et autres sonnailles – lui qui, désormais, ne semble plus faire d’économies d’énergie sur l’avenir brillant que lui tracent des politologues distingués.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

La femme haut perchée sur l’une des parties du bâtiment s’appelle Strasbourg ; hiératique, elle domine la situation, et elle a sans doute vu défiler des bataillons de bidasses ou des cohortes de civils partis vers « le front » ou des horizons encore plus lointains, noircis par de sombres fumées. Le drapeau français signe, en harmonie avec le toit céleste, cette statuaire martiale et pourtant féminine.

Afin de se prémunir contre la délinquance, il existe à la SNCF un « service interne de sécurité » dont les uniformes ressemblent étrangement à ceux de la police nationale, d’ailleurs leur équipement s’en rapproche aussi : rangers, tonfa, menottes, bombe lacrymogène, arme. Dans un projet de loi déposé le 17 mai 2000 sur le bureau du Sénat, il était pourtant stipulé, à l’article 31 : « Cet article rend obligatoire le port d’une tenue et d’une carte professionnelle qui ne doit entraîner aucune confusion avec celles des autres agents des services publics, notamment des services de police. »

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Imaginons que chaque service public – c’est le cas de la RATP depuis 1989 – se dote de ces personnels destinés à assurer l’ordre sur leurs territoires : il en faudrait alors aussi à EDF (là, on utiliserait plutôt le Taser !), à La Poste, dans les musées nationaux… Concernant l’Education nationale, des mesures ont déjà été prises dans certains lycées ou collèges, mais quid des facultés où règne une sorte d’anarchie rampante ? Les vigiles semblent, là, totalement désarmés devant des bandes incontrôlables d’apprentis-trublions.

Il est vrai qu’il ne faut pas exagérer : la photo de Stéphane Guillon devant l’entrée de la gare (une pub pour son livre de chroniques) fait penser à Gérald Dahan qui vient d’être « remercié » (on admirera toujours ce terme employé à contre-emploi, si l’on peut dire) par Philippe Val, directeur de France Inter, ex-patron de Charlie Hebdo et grand ami de Carla Bruni(-Sarkozy). Le tableau de chasse du flingueur du val s’agrandit.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Mais oui, quoi, l’humour a des limites au plus justes et il faut savoir jusqu’où l’on peut aller trop loin, surtout lorsque le petit rigolo de service (public) emprunte un aiguillage non prévu.

Gare de lest, police interne, licenciements pour opinions non conformes, censure et certaine : il pèse sur le pays comme un couvercle de plomb alors que la formidable réforme des retraites a été conduite à son terme par l’excellent Eric Woerth, que les grévistes et manifestants se lassent, et que les raffineries se préparent, en ces vacances de Toussaint, à lancer de nouveau leurs flammes rougeoyantes dans l’air méphitique planant jusque au-dessus des cimetières.

(Photo : cliquer pour agrandir.)