Archives de la catégorie ‘Voyages’

Il n’y a vraiment presque plus que des Hollandais pour aller encore s’envoler sur de telles voitures (j’espère qu’ils atteignent la vitesse minimale obligatoire).

(Photo : cliquer pour agrandir le véhicule.)

Cela me rappelait, hier, sur ce parking de l’autoroute A1 (Paris-Lille), des souvenirs : le levier de vitesse à boule en forme de tringle que l’on pousse et tourne, le compteur minuscule, les essuie-glace avec molette manuelle au cas où, le petit rétro à gauche (forcément une 2 cv ne pouvait être doublée que de ce côté-là), le pare-brise comme un rectangle aux dimensions si étroites par rapport à l’horizon – ne pas se projeter trop loin ou trop vite – les portières qui s’ouvraient à l’avant (mais pas sur ce modèle « moderne »), l’antenne latérale de l’autoradio, le bruit du moteur, moulin à café sans capsules à la George Clooney, et même une capote à demi-ouverte arrachée soudain à cause du mistral sur l’A7.

La nostalgie, camarade ? Non, un simple éclair esthétique.

(Count Basie, Whirly Bird)

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Saint-Omer, pas décalés

Publié: 13 juin 2011 dans Voyages
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Dimanche après-midi, la place de la mairie de Saint-Omer (62) se trouvait encombrée par des chanteurs en anglais sur podium, c’était plus mélodieux de se promener dans les petites rues alentour. Les terrasses des cafés exposaient bières, frites et quelques figures à la Brueghel, car certains êtres parviennent à revenir du passé lointain sans coup férir : une question d’ADN ?

(Photos : cliquer en perspective)

(The Animals, Bring It On Home To Me)

Pour Christine Lagarde, une opportunité exceptionnelle s’offre dans les prochaines semaines, celle de prendre la place occupée jusqu’alors par DSK à la tête du FMI, et qu’il a dû céder à la suite de son inculpation pour activités hôtelières présumées non orthodoxes au Sofitel de New York, et sa démission obligée de son poste à Washington (la washing machine s’est mise en route, le tambour a tourné et battu).

Ainsi, la ministre actuelle de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, qui a effectué une partie de sa carrière aux USA comme chef d’un grand cabinet d’avocats, et qui est parfaitement bilingue, pourrait remplacer – si son intervention dans l’affaire Tapie vs Crédit Lyonnais ne lui renvient pas en boomerang dans la figure – le célèbre coupable désigné qui devrait peut-être, d’après The New York Post, s’il est condamné, revenir en France pour tester le confort des prisons hexagonales qui n’ont rien à envier à celle de Rikers Island (Claude Guéant semblait bien informé sur le sujet).

Hier soir, on apprenait que des traces d’ADN de DSK avaient été relevées sur les habits de la « victime » jusqu’alors présumée.

Ainsi, la ronde des événements s’accélère-t-elle : la chaise musicale semble faire le trottoir, sur un rythme qui n’est pas sans rappeler celui de certaines danses américaines que l’on voit dans nos films américains préférés : aussitôt, je repense à The Deer Hunter (« Voyage au bout de l’enfer », 1978), de Michael Cimino, dans lequel joue, notamment, le tout récent président du jury du festival de Cannes, Robert De Niro.

(Photo : Paris, rue Bichat, Xe, hier.)

(Charlie Parker, Visa)

« Confins, lisières, frontières, effectivement, sont des lieux qui m’attirent en imagination : ce sont des lieux sous tension, et peut-être cette tension est-elle – matérialisée, localisée – l’équivalent de ce qu’est la tension latente entre ses personnages pour un romancier psychologue : un stimulant imaginatif initial. Il arrive le plus souvent que les personnages, dans mes romans, soient eux-mêmes mis, par rapport à la société, dans une situation de « lisière », par une guerre, par des vacances, par une mise en disponibilité quelconque. De sorte que cette mise sous tension du lieu de l’action mobilise plus décisivement des personnages qui sont eux-mêmes désancrés : c’est du moins l’idée que je m’en fais. Le magnétisme ne meut qu’une aiguille dont le pivot est aussi immatériel, aussi lâche que possible ; à l’origine, on la plaçait sur un fétu de paille flottant sur de l’eau. »

Julien Gracq, Entretiens, José Corti, 2002 (page 171).

La petite ville – sa forme – de Champtocé (Maine-et-Loire) n’est pas loin de Chalonnes où l’on gîtait, il semblait alors intéressant d’aller voir les ruines demeurant d’un château qui n’était pas d’Argol.

C’est là, dit-on, que Gilles de Rais naquit en 1404.

On traverse le pont, on arrive à Ingrandes, et puis c’est bientôt le lieu supposé (à rebours) qui donna vie à l’odieux personnage, compagnon de Jeanne d’Arc, en fin de compte pendu puis jeté dans les flammes du bûcher avant elle.

(Photos : cliquer pour agrandir.)

L’Histoire s’est emparée du saigneur de Tiffauges. Georges Bataille (voir ici un site amusant), Michel Tournier ont écrit sur le mythe.

(Photos : cliquer pour agrandir.)

« Deuxièmement, pour les véritables alchimistes en quête de pierre philosophale, l’arquémie est considérée comme une pratique vulgaire qui consiste à transmuter les métaux vils en or. Il serait alors compréhensible que Jacques Cœur cherche à stopper des pratiques « inférieures » à la noble alchimie qui est consacrée à la recherche de la Pierre Philosophale ou de la Médecine universelle, les deux étant parfois confondues. »

(Photos : cliquer pour agrandir.)

Ainsi, l’Arquémie ne serait pas ce que de vains esprits croient s’ils se fient à telle ou telle inscription touristique.

Il en a coulé de l’eau sous le pont à France Télécom depuis que j’ai quitté la DTRE (Direction des télécommunications des réseaux extérieurs) le 2 janvier 1991. Marcel Roulet, Michel Bon, Thierry Breton, Didier Lombard, Stéphane Richard, Wanadoo, Orange, la perte des valeurs (celles du service public) et celle des accents sur le logo. L’action France Télécom à 25 puis 15 euros, le personnel actionnaire… Que de chemin parcouru sur des sentiers pas toujours balisés ! Des suicides. Il paraît que les suicides c’est comme la peste noire ou bubonique, puisqu’il y a des épidémies et « une mode » dans l’entreprise, selon Didier Lombard. Moi, naïf, je pensais qu’il quittait définitivement l’entreprise cette année. J’avais oublié Marcel Roulet dont le spectre revient encore hanter les lieux aujourd’hui. Mais on nous assure qu’il cessera ses apparitions en cours d’année. Donc Richard a nommé Lombard « Conseiller sur les orientations stratégiques et la vision technologique », d’après l’expansion.com.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Il s’accroche, le Lombard, il ne veut pas rendre les clefs et maintenant il va avoir des visions. Lombard Scoubidou ou Lombard Soubirou ? Faut que je demande à Bernadette, Sacha Distel n’étant plus là. 300 000 euros, ça vous parle ? Ou plutôt 600 000 euros qui se décomposent ainsi : 300 000 euros de stocks-options préemptées à 23 € puis 21 € alors qu’aujourd’hui l’action est à 17 ou 18 €, ça ne  fait pas le compte et le Lombard, il sait compter ; et une « retraite chapeau » de 300 000 euros chaque année. Richard a déjà provisionné pour son prédécesseur (toujours selon l’expansion.com). Donc c’est plutôt Lombard Scoubidou, je dirais même Picsou pour le personnel de l’entreprise. Plus fort que Zacharias de Vinci, Forgeard de EADS,  et l’autre d’Elf, devenu Total, dont j’ai oublié le nom. Richard, pas mal non plus, le bon élève, le modèle de Sarkozy qui aurait bien voulu réussir des coups en bourse.

Il me fallait donc, le 28 février, aller devant le siège, au 6 place d’Alleray (15e), pour exprimer ma sympathie à Lombard. Jamais vu, un vrai bunker, des grilles, des codes, un vigile qui fait les cent pas à l’entrée et me regarde stationner. Je colle mon affiche sur le mur d’entrée pour la photographier et la décolle aussitôt après. Je  dis au vigile, qui ne m’a pas vu commettre mon forfait, que j’attends ma femme et que je crains de l’avoir loupée. Je lui demande s’il y a d’autres sorties. Il me répond que non, mais me dit qu’elle est peut-être partie à la cantine un peu plus bas dans la rue. Bonne idée, la cantine. Il est midi 45.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Je vais pouvoir montrer ma banderole papier à tous les commensaux qui entrent et sortent. Il m’indique la direction. Je me pose devant la porte, déplie mon affichette, appuyé à la barrière métallique qui empêche le stationnement des véhicules sur le trottoir. Beaucoup de monde à entrer et sortir, des sourires entendus, les gens s’arrêtent pour lire. Apparemment une cantine inter-entreprises dans un grand immeuble de bureaux. Autant de gens à descendre des étages, rester à l’intérieur de l’immeuble, passer devant  la grande baie vitrée qui donne sur la rue pour « badger » et rejoindre la cantine en sous-sol. Ils s’arrêtent derrière la baie pour lire. Idem ceux qui remontent l’escalier. Ils sont même plus nombreux que ceux qui entrent et sortent de l’immeuble. Je vois mon vigile qui vient déjeuner. Je lui dis que je n’ai pas vu ma femme, je l’attends, elle doit être à la cantine.

Je le remercie de m’avoir indiqué l’adresse du restaurant d’entreprise. Il regarde mon affiche et se met à sourire. Quelqu’un que je connais de près et de loin sort de la cantine. 14 heures passées. Il accepte de me prendre en photo. Je range ma banderole. On parle retraite, enfants, Pierre Overney, boursicotage, photographie, pendant bien un quart d’heure. Il est temps de rentrer à la maison pour déjeuner.

Je ne suis pas machiavélique, je pense que l’homme n’est pas foncièrement mauvais. Si Didier Lombard veut rester encore un petit peu au siège au-delà de 69 ans, c’est que sa vie professionnelle c’est tout bonnement sa seule vie. A moins qu’il ne cherche à récupérer ses stocks-options pour les redistribuer aux familles de ses victimes, alors là, chapeau ! Ses victimes, parce que c’est lui qui était responsable de la politique menée par France Télécom, ladite politique ayant conduit des salariés, qui ne supportaient plus la pression qu’ils subissaient, à se suicider.

(Paris, rue d’Alleray. Photo D.R. cliquer pour agrandir.)

Texte et photos (sauf la 3ème) : Daniel Quintin

Sombre dimanche pour MAM

Publié: 27 février 2011 dans Voyages
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Ainsi, le président de la République parlera ce soir à la télévision et à la radio (cette démarche toute gaulliste sera appréciée par Michèle Alliot-Marie), et annoncera, outre sa vision géopolitique tardivement décillée, les « ajustements », selon Le Figaro, qu’il a décidés de pratiquer au sein du gouvernement.

Avec un métro de retard, MAM verra sa « démission » – une « éviction » serait vraiment moins chic – tamponnée officiellement en direct devant des millions de Français suspendus à ses lèvres.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Par son opiniâtreté, Le Canard enchaîné (transformé de volatile que l’on vise en chasseur affûté) aura abattu en plein vol la ministre des Affaires étrangères et européennes, ajoutant ainsi à son impressionnant « tableau de chasse » ministériel (pour reprendre l’expression d’un ami, Pierre-Jean Crespo) un gibier de choix, dont on ignore s’il viendra s’orner en plus de la tête de son « compagnon » Patrick Ollier (POM), l’homme qui parlait à l’oreille de Kadhafi.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Si « ce n’est pas la rue qui décide » (dixit Jean-Pierre Raffarin, entre autres) , comme on le voit en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Algérie, au Yémen, à Bahreïn, en Arabie saoudite, dans le sultanat d’Oman, etc., la presse non inféodée au pouvoir – on rajoutera au palmipède irrévérencieux Le Nouvel Observateur, Libération, Mediapart, Le Monde, Marianne, Rue89… – aura ainsi contribué à révéler et à dénoncer les comportements coupables du couple MAM-POM et la confusion faite entre affaires politiques et affaires privées. Jusqu’à en devoir éjecter les responsables aux commandes.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Désormais, MAM, qui, jusqu’au dernier moment, aura fort mal interprété son rôle d’innocente à coups de mensonges répétés et de dénégations multipliées, s’est rendue à l’évidence : la mauvaise foi compulsive, l’hypocrisie remâchée, l’avidité personnelle, l’ambition malsaine, la flagornerie collante, l’aveuglement permanent ne sauraient guider impunément un parcours « professionnel » sans que la sanction ne tombe un jour.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Nicolas Sarkozy s’est débarrassé d’un boulet : mais combien d’autres lui entravent les jambes ? Ce dixième remaniement depuis le début d’un quinquennat (et le quatrième en un an : bonjour la pertinence des choix effectués !), ahané à hue et à dia, est la preuve cinglante de la déliquescence de son autorité et du pouvoir qu’il est censé exercer.

Les sondages (qui ne signifient rien, quand ils sont négatifs, pour ceux qui en sont l’objet) ont montré une baisse continue de la  cote de popularité du chef de l’Etat. Ce dernier épisode gouvernemental la fera-t-elle remonter ? Il est permis (une loi ne l’a pas encore interdit) d’en douter : la pente sera longue à descendre jusqu’aux élections présidentielles de 2012.

Sombre dimanche pour MAM.

(Photo : station Montparnasse hier soir. Cliquer pour agrandir.)

Dieu Râ sur l’autoroute A1

Publié: 1 février 2011 dans Voyages
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Sitôt passé le péage d’entrée sur l’autoroute A1 Lille-Paris, elle a surgi, pas vraiment à grande vitesse, comme un Objet roulant non identifié : j’ai pensé à la formule magique Ornicar et à mon prof de la fac de Besançon, Jacques-Alain Miller.

C’était sans doute une conduite à droite (le chapeau montrait une certaine distinction), un Anglais se dirigeant vers la capitale, mais je n’ai pas eu le temps d’identifier le modèle – une Morris peut-être ?

Quelle imprudence ou quelle audace ! Rouler ainsi dans une voiture ancienne, désuète, qui ressemble à une Dinky Toys, avec sa teinte pastel, ses roues aux enjoliveurs peu sportifs, cabriolet enfantin à deux places, comme si un rêve fluet osait s’imposer dans le flot des mastodontes et autres 4 x 4 noirs aux vitres fumées.

(Photo : cliquer pour décoller.)

A l’approche de Roissy, là où les avions roulent soudain par-dessus les voitures, le soleil rappelait l’Egypte, le dieu ou : c’est aujourd’hui que « la marche du million » des opposants à Hosni Moubarak va prendre possession des villes en voie de soulèvement.

La mythologie rejoint l’Histoire en train d’être créée (dans le journal de 20 heures de France 2, hier soir, l’officiant Pujadas célébrait en premier lieu l’équipe de handball championne du monde), le peuple transforme les rues, c’est le Nil qui coule puissamment partout, même si Al Ahram est inaccessible par Internet.

Il est clair que ce régime n’en a plus pour très longtemps, il est dévalué, voici qu’il a perdu son allure de sphinx. L’énigme a été enfin dévoilée, le disque solaire et musical lancé dans l’espace politique. Révolution du soir et du matin : retour éternel auquel nul raïs ne saurait inéluctablement échapper un jour.

(Photo : cliquer pour atterrir.)