Articles Tagués ‘autoroute’

Il n’y a vraiment presque plus que des Hollandais pour aller encore s’envoler sur de telles voitures (j’espère qu’ils atteignent la vitesse minimale obligatoire).

(Photo : cliquer pour agrandir le véhicule.)

Cela me rappelait, hier, sur ce parking de l’autoroute A1 (Paris-Lille), des souvenirs : le levier de vitesse à boule en forme de tringle que l’on pousse et tourne, le compteur minuscule, les essuie-glace avec molette manuelle au cas où, le petit rétro à gauche (forcément une 2 cv ne pouvait être doublée que de ce côté-là), le pare-brise comme un rectangle aux dimensions si étroites par rapport à l’horizon – ne pas se projeter trop loin ou trop vite – les portières qui s’ouvraient à l’avant (mais pas sur ce modèle « moderne »), l’antenne latérale de l’autoradio, le bruit du moteur, moulin à café sans capsules à la George Clooney, et même une capote à demi-ouverte arrachée soudain à cause du mistral sur l’A7.

La nostalgie, camarade ? Non, un simple éclair esthétique.

(Count Basie, Whirly Bird)

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Dieu Râ sur l’autoroute A1

Publié: 1 février 2011 dans Voyages
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Sitôt passé le péage d’entrée sur l’autoroute A1 Lille-Paris, elle a surgi, pas vraiment à grande vitesse, comme un Objet roulant non identifié : j’ai pensé à la formule magique Ornicar et à mon prof de la fac de Besançon, Jacques-Alain Miller.

C’était sans doute une conduite à droite (le chapeau montrait une certaine distinction), un Anglais se dirigeant vers la capitale, mais je n’ai pas eu le temps d’identifier le modèle – une Morris peut-être ?

Quelle imprudence ou quelle audace ! Rouler ainsi dans une voiture ancienne, désuète, qui ressemble à une Dinky Toys, avec sa teinte pastel, ses roues aux enjoliveurs peu sportifs, cabriolet enfantin à deux places, comme si un rêve fluet osait s’imposer dans le flot des mastodontes et autres 4 x 4 noirs aux vitres fumées.

(Photo : cliquer pour décoller.)

A l’approche de Roissy, là où les avions roulent soudain par-dessus les voitures, le soleil rappelait l’Egypte, le dieu ou : c’est aujourd’hui que « la marche du million » des opposants à Hosni Moubarak va prendre possession des villes en voie de soulèvement.

La mythologie rejoint l’Histoire en train d’être créée (dans le journal de 20 heures de France 2, hier soir, l’officiant Pujadas célébrait en premier lieu l’équipe de handball championne du monde), le peuple transforme les rues, c’est le Nil qui coule puissamment partout, même si Al Ahram est inaccessible par Internet.

Il est clair que ce régime n’en a plus pour très longtemps, il est dévalué, voici qu’il a perdu son allure de sphinx. L’énigme a été enfin dévoilée, le disque solaire et musical lancé dans l’espace politique. Révolution du soir et du matin : retour éternel auquel nul raïs ne saurait inéluctablement échapper un jour.

(Photo : cliquer pour atterrir.)