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Pas facile de forcer une serrure non consentante : DSK en a fait la démonstration publique en rentrant mardi soir à son domicile de TriBeCa (New York), désormais débarrassé des caméras de surveillance.

L’interprétation psychanalytique de cet acte manqué nocturne serait trop simple.

(Photo : Paris, rue de Lancry, 10e, le 1er juin. Cliquer pour agrandir.)

Du côté français, l’avocat de Tristane Banon a déclaré jeudi posséder certains éléments matériels – peut-être des SMS ? –  qui pourraient corroborer l’implication de l’ex-directeur du FMI dans la « tentative de viol » (février 2003) pour laquelle une plainte a été déposée, le 6 juillet, auprès du parquet de Paris.

Ainsi, il n’y a toujours pas de vacances judiciaires ou estivales pour DSK ni pour Anne Sinclair dont Le Nouvel Observateur a dressé il y a quelques jours un portrait hagiographique en tous points remarquable : cet article fournirait un excellent sujet pour le concours d’entrée du CFJ de la rue du Louvre.

(Photo prise à Paris le 12 mai. Cliquer pour agrandir.)

(Big Bill Bronzy, Key to the Highway)

La plainte pour « tentative de viol » sera déposée aujourd’hui à Paris par Tristane Banon, sur conseil de son avocat : l’histoire est bien connue mais, lors de l’affaire DSK au Sofitel de New York (14 mai), il avait préféré ne pas « interférer » avec la procédure judiciaire américaine en cours.

Cela signifierait-t-il que celle-ci est désormais bouclée ? Le « non-lieu » annoncé comme probable à Manhattan a bousculé toutes les éminences du PS, prêtes même pour certaines à décaler les dates de clôture d’inscription aux primaires afin que DSK puisse, « s’il le désire », y faire bonne figure.

Pourtant, Fabien Namias, rédacteur en chef (politique et économie) de France 2, affirmait hier, lors du journal de 20 heures, tenir de quelques personnes de l’entourage de DSK, qui l’avaient eu au téléphone récemment, que celui-ci n’envisageait plus l’élection présidentielle de 2012 comme une échéance pour lui-même.

En attendant, l’ex-directeur du FMI est rattrapé maintenant par les dires de la désormais célèbre Tristane Banon – fille d’Anne Mansouret, une hiérarque du PS, qui se présente elle-même aux primaires socialistes… – concernant l’agression par « un chimpanzé en rut » dont elle aurait été la proie en février 2003.

(Capture d’écran de Rue89. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

« Info ou intox ? », comme dirait le présentateur qui sonne hardi pour l’audience des émissions « trash » dont il fait commerce.

Presque assuré d’être « blanchi » à New York, DSK est à nouveau « noirci » à Paris. Pas de chance avec les femmes, lui qui les aime tant : le voici victime de harcèlement judiciaire international ! Il était donc logique qu’il porte plainte à son tour (pour « dénonciation calomnieuse » s’agissant de faits « imaginaires »).

On examinera donc avec intérêt si la justice française sait, aussi bien que sa cousine américaine, démêler le faux du vrai et le récit de la fiction : un nouveau chapitre de storytelling, toujours brillamment analysé par Christian Salmon, vient de s’ouvrir, cliquer sur l’écran ou l’effleurer pour tourner les pages.

(Herbie Hancock, Cantaloupe Island)

Les jambes appuient sur les pédales, le mouvement est fluide une fois lancée la machine. Les muscles des cuisses se durcissent, ils obéissent au doigt et à l’œil (celui-ci regarde parfois dans le petit rétroviseur à gauche du guidon).

(Photos prises hier matin à Paris. Cliquer pour agrandir.)

C’est comme si l’on disposait soi-même de bielles et le sifflet de la locomotive est remplacé par la sonnette joyeuse du vélo. Les joggeurs courent presque tous dans le même sens (direction tour Eiffel), les cyclistes slaloment gentiment, quelques promeneurs paraissent excessivement lents sur la voie rapide.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

La Conciergerie a troqué sa pub pour l’iPad 2 contre une nouvelle bâche étalant la marque Mercier – on attend la veuve Clicquot pour une prochaine fois.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

La presse française découvre la justice américaine grâce à l’affaire DSK dont le dénouement semble approcher à grands pas. Et la justice française n’a rien d’équivalent à se mettre sous la dent ces temps-ci, sauf peut-être une histoire hilarante de signalisation routière.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

(Ray Charles, Hit the Road, Jack)

La journée d’hier fut celle, à nouveau, des caméras de télé installées en direct devant le domicile de DSK puis à l’entrée du tribunal pénal de Manhattan. L’inculpé en est sorti « libre sur parole », mais les charges pour « crimes sexuels » demeurent (prochaine convocation le 18 juillet).

L’audience surprise s’est tenue à la suite des révélations du New York Times du 30 juin (qui a ainsi battu sur la corde le peu reluisant New York Post) et d’une lettre du procureur Cyrus Vance adressée aux avocats de DSK concernant les mensonges, notamment devant le Grand Jury, de la victime présumée, Nafissatou Diallo.

(Capture d’écran du Nouvel Observateur. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

L’avocat de cette dernière a listé (avant d’être interrompu brutalement sur France 2, en « live », par Laurent Delahousse) les faits matériels qui montreraient la culpabilité réelle de l’ex-directeur du FMI.

Du côté du PS, on se réjouit même si les échéances des « primaires » – sauf pour François Hollande – semblent ne pas pouvoir être bousculées.

Alors, pour DSK, une victoire à la Cyrus ?

Hier, The Washington Post indiquait qu’elle avait le soutien des USA : l’affaire était donc dans le sac et le soir, juste à temps pour le journal télé de 20 heures, on apprenait la désignation de Christine Lagarde à la tête du FMI (ou IMF, International Monetary Fund).

Au moment même où The New York Times s’interrogeait sur les conditions de la rencontre, le 14 mai, de DSK avec sa fille et son compagnon dans un restaurant de poissons de new York (au nom à la Beckett), peu après avoir quitté le funeste Sofitel.

(Capture d’écran du NYT. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

La nomination de Christine Lagarde, qui parle anglais sans problème, est « une grande victoire pour la France », a indiqué aussitôt Nicolas Sarkozy. Il n’a pas qualifié l’annonce, attendue, de la candidature de Martine Aubry aux « primaires » du PS en vue de l’élection présidentielle (« une grande défaite pour la France » ?), étant tout préoccupé  à aller jouer mardi, en costume-cravate, au paysan dans la Sarthe, terre de François Fillon et de rillettes.

En photographiant l’homme-grenouille mercredi, j’ai repensé aux aimables qualificatifs que The New York Post décerne à DSK depuis la journée fatidique du 14 mai au Sofitel de New York.

Ce pompier en tenue d’intervention tient une corde au bout de laquelle son collègue, qui a plongé dans le canal, nage ou marche. J’imagine qu’il fait totalement confiance au fil d’Ariane qui le relie ainsi à la surface, d’autant que j’ignore s’il possède une lampe électrique pour discerner quoi que ce soit dans l’élément liquide : vélos, caddies, machines à laver, etc., comme l’on en découvre lors de l’assèchement périodique de la voie d’eau.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

Une certaine presse américaine – à l’instar des « tabloïds » anglais – se complaît dans la fange, la boue et l’insulte (même si elle sort aussi des infos). Parfois on a l’impression d’assister à un film qui se déroulerait à l’époque du maccarthysme, comme The Front ou Good Night and Good Luck.

Il est vrai que le scénario est idéal (sexe, politique, argent et justice) et que des équipes à Hollywood doivent déjà travailler dur sur le script.

Ici, certains journalistes, ou pondeurs de « libres opinions », vont pouvoir à nouveau se déchaîner contre Cesare Battisti (mais il n’y a pas encore de producteur de film en vue).

(Photo : cliquer pour agrandir.)

(Count Basie, Beaver Junction)

Hier après-midi, un David Pujadas sans cravate joue en direct le maître des cérémonies sur France 2 : c’est le D Day pour DSK, les caméras filment en plan fixe la maison du « Perv », Twitter déroule ses mini-infos, et puis c’est soudain l’annonce du « non coupable », ensuite, la déclaration de l’un de ses avocats, Benjamin Brafman : « Nous prouverons qu’il n’y a pas eu d’agression ni d’acte forcé. »

La manif des femmes de ménage, fort bien organisée (une cinquantaine de personnes débarquées d’un car affrêté pour la circonstance) est mise en avant par les chaînes de télé. Pas loin de la foule déchaînée (« Shame on you ! »), DSK et sa femme font l’aller et retour, la comparution devant le juge Michael Obus n’a pas dépassé sept minutes. Chez David Pujadas, le journaliste américain du New York Herald Tribune – personne n’était disponible au New York Post ? – exprime ses opinions réacs dans un très mauvais français.

La date du 18 juillet est fixée pour une prochaine audience un peu plus longue.

A Paris, (mur ou pacifique palissade) on parlait d’autre chose : l’amour est une musique répétitive.

(Photos : Paris, 4 et 5 juin. Cliquer pour agrandir.)

(Philip Glass, Cloudscape)