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Monsieur le ministre actuel de l’Education nationale,

Le 4 juillet, on vous a remis le rapport d’orientation du Comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires.

Celui-ci propose dix mesures dont l’une – suppression de deux semaines des vacances d’été – ne pouvait que motiver les lycéens et leurs profs venus le 5 juillet attendre les résultats du bac, avant de partir (pour certains), heureux ou désabusés, vers d’autres horizons.

Il est quand même amusant de constater que vous avez lancé une campagne publicitaire (du 31 mai au 12 juillet) de recrutement de 17 000 profs, juste après avoir annoncé la suppression de 16 000 postes d’enseignants à la rentrée 2011.

(Photos : le 28 juin à Paris, place Jussieu, 5e. Cliquer pour agrandir)

Vous êtes-vous jamais demandé d’où venait la désaffection des « vocations » pour l’enseignement ? Pourquoi trouve-t-on de moins en moins d’étudiants qui s’orientent vers les concours de recrutement (ou ce qu’il en reste) de l’Education nationale ?

Parce que les profs sont mal payés, mal ou pas du tout formés (voir la réforme et la casse des IUFM), peu considérés, soumis à de lourdes contraintes administratives, à la pression de certains parents et des quelques associations réactionnaires qui les soutiennent, et ne disposent pas des moyens qui leur permettraient d’assurer leur travail dans des conditions correctes.

Et voilà qu’en plus, vous allez sans doute supprimer – mais pas avant les élections présidentielles de 2012 ! – seulement deux semaines des vacances d’été sous prétexte de donner un meilleur « rythme » à l’année scolaire :

« Corollaire de la priorité donnée à la régularité des pauses pour que le temps d’enseignement soit mieux réparti sur l’année et pour éviter une trop longue rupture, préjudiciable à la continuité des apprentissages, nous proposons de réduire de deux semaines la durée des vacances d’été :

– il ressort en effet de l’évolution des temps sociaux que les habitudes des familles ont changé, elles sont plus attachées à plusieurs coupures annuelles qu’à une seule période de congé long ;

– la priorité donnée à l’égalité des chances commande également de rappeler que tous les élèves ne partent pas en vacances durant la totalité de ce temps de congé long, dit de vacance. Et un enfant sur trois ne part pas du tout ;

– le comité a par ailleurs le souci d’être vigilant sur la qualité de scolarisation des enfants en situation de handicap : une réduction des vacances d’été leur serait très favorable, compte tenu du préjudice plus particulier que constitue pour eux l’interruption des rythmes. » (page 24 du rapport cité)

A cette occasion, il paraît que vous allez « zoner » la France en trois, tout ceci faisant partie, si l’on a bien compris l’étude dirigée par Odile Quintin et Christian Forestier, d’une politique de circulation routière fortement réfléchissante.

Alors, en attendant que vous mettiez en pratique les propositions « pédagogiques » du Comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires, un conseil : partez vite en vacances, Monsieur le ministre actuel de l’Education nationale, tant qu’il reste encore quelques semaines de libre, avant que l’échéance de mai 2012 n’arrive (même si le PS semble, hélas, partisan d’une semblable réduction) et que votre projet tombe à l’eau, celle de l’océan dans lequel vous ne pouvez jamais vous baigner au même endroit.

Si vous êtes alors devenu sans emploi, L’Oréal vous fera peut-être un appel du pied.

(Photo : Université Pierre et Marie Curie, 5e. Cliquer pour agrandir.)

(Saint-Saëns, Le Carnaval des animaux)

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A Antony (92), le principal IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres, une invention de Jospin qui sentait forcément le sapin), est désormais promis à la démolition, comme sans doute d’autres bâtiments « obsolètes » et inutiles de l’Education nationale.

La RGPP (Révision générale des politiques publiques) est passée par là. Ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, disent-ils : Jean-Claude Mailly (Force ouvrière) a dénoncé le 3 mai cette politique de régression en forme de rouleau-compresseur.

(Photos prises le 4 mai. Cliquer pour agrandir.)

Or, les profs et les étudiants n’ont qu’à aller se recaser ailleurs et autrement. Luc Chatel, le ministricule du domaine, apparaît comme un hôtelier avisé : cet IUFM, situé rue Pajeaud (valeur de l’ensemble immobilier : 8, 653 646 millions d’euros, avec multiples salles de cours et d’informatique, vaste auditorium, gymnase, parc, etc.) sera démoli pour donner naissance à un « complexe aquatique » (sic) agrémenté, pour faire passer la pilule, de quelques « logements sociaux ».

(Photos : cliquer pour agrandir.)

On connaît la fibre éminemment « populaire » (l’UMP porte cet adjectif dans sa dénomination mais devrait le changer bientôt en « populiste ») de Patrick Devedjian, l’ancien maire, ex-ministre de la « relance », député et président du Conseil général des Hauts-de-Seine. Son épouse Sophie, outre ses compétences architecturales, surveille de près l’opération financière concernant l’IUFM d’Antony.

(Photos : cliquer pour agrandir.)

Mais avec le vrombissement prochain des scrapers et le tambour des bulldozers, on peut penser que La Princesse de Clèves, honnie au plus haut niveau de l’Etat, a été enfin, comme pourrait le dire un Frédéric Lefebvre, remplacée par la Princesse tam-tam.

(Photo : cliquer pour agrandir.)

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(Sting, Demolition Man)