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Sombre dimanche pour MAM

Publié: 27 février 2011 dans Voyages
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Ainsi, le président de la République parlera ce soir à la télévision et à la radio (cette démarche toute gaulliste sera appréciée par Michèle Alliot-Marie), et annoncera, outre sa vision géopolitique tardivement décillée, les « ajustements », selon Le Figaro, qu’il a décidés de pratiquer au sein du gouvernement.

Avec un métro de retard, MAM verra sa « démission » – une « éviction » serait vraiment moins chic – tamponnée officiellement en direct devant des millions de Français suspendus à ses lèvres.

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Par son opiniâtreté, Le Canard enchaîné (transformé de volatile que l’on vise en chasseur affûté) aura abattu en plein vol la ministre des Affaires étrangères et européennes, ajoutant ainsi à son impressionnant « tableau de chasse » ministériel (pour reprendre l’expression d’un ami, Pierre-Jean Crespo) un gibier de choix, dont on ignore s’il viendra s’orner en plus de la tête de son « compagnon » Patrick Ollier (POM), l’homme qui parlait à l’oreille de Kadhafi.

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Si « ce n’est pas la rue qui décide » (dixit Jean-Pierre Raffarin, entre autres) , comme on le voit en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Algérie, au Yémen, à Bahreïn, en Arabie saoudite, dans le sultanat d’Oman, etc., la presse non inféodée au pouvoir – on rajoutera au palmipède irrévérencieux Le Nouvel Observateur, Libération, Mediapart, Le Monde, Marianne, Rue89… – aura ainsi contribué à révéler et à dénoncer les comportements coupables du couple MAM-POM et la confusion faite entre affaires politiques et affaires privées. Jusqu’à en devoir éjecter les responsables aux commandes.

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Désormais, MAM, qui, jusqu’au dernier moment, aura fort mal interprété son rôle d’innocente à coups de mensonges répétés et de dénégations multipliées, s’est rendue à l’évidence : la mauvaise foi compulsive, l’hypocrisie remâchée, l’avidité personnelle, l’ambition malsaine, la flagornerie collante, l’aveuglement permanent ne sauraient guider impunément un parcours « professionnel » sans que la sanction ne tombe un jour.

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Nicolas Sarkozy s’est débarrassé d’un boulet : mais combien d’autres lui entravent les jambes ? Ce dixième remaniement depuis le début d’un quinquennat (et le quatrième en un an : bonjour la pertinence des choix effectués !), ahané à hue et à dia, est la preuve cinglante de la déliquescence de son autorité et du pouvoir qu’il est censé exercer.

Les sondages (qui ne signifient rien, quand ils sont négatifs, pour ceux qui en sont l’objet) ont montré une baisse continue de la  cote de popularité du chef de l’Etat. Ce dernier épisode gouvernemental la fera-t-elle remonter ? Il est permis (une loi ne l’a pas encore interdit) d’en douter : la pente sera longue à descendre jusqu’aux élections présidentielles de 2012.

Sombre dimanche pour MAM.

(Photo : station Montparnasse hier soir. Cliquer pour agrandir.)

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Ce serait donc pour dimanche ou lundi et Michèle Alliot-Marie (MAM), qui a su montrer avec maëstria (depuis le 14 novembre 2010) ses compétences hors-pair dans le domaine de la politique étrangère, mettra finalement en pratique le slogan international en forme d’injonction qu’elle a pu connaître récemment par ouï-dire : « Dégage ! »

Après sa tribune poisseuse dans Le Monde du 25 février, sorte de testament-bilan, et supplique implicite à Nicolas Sarkozy pour être conservée au sein du gouvernement, la ministre des Affaires étrangères et européennes, partie pour deux jours au Koweït en  visite « diplomatique », semble avoir jeté ses dernières billes sur le plateau de la balance où se prennent les décisions présidentielles.

Elle aura eu beau encore affirmer, vendredi sur France Info : « Ma devise c’est bien faire et laisser dire », elle n’a pas rempli le contrat contenu dans la première partie de cette phrase, et quant à la seconde, pouvait-elle s’opposer aux commentaires de la presse et du monde politique ?

(Blog lemonde.fr, photo anonyme. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

Dès jeudi, dans la « matinale » de France Inter, Alain Juppé avait pris ses marques et s’était positionné comme futur ministre des Affaires étrangères en jugeant et tranchant de ce que devait être l’action de la France, notamment dans les pays arabes emportés dans la spirale de la révolution.

Brice Hortefeux, cité hier soir par Xavier Beauvois lors de la remise des Césars retransmise par Canal +, devrait lui succéder au ministère de la Défense, et Claude Guéant prendre en main le ministère de l’Intérieur : le remaniement serait donc assez conséquent, MAM n’en étant finalement que la goutte qui a fait déborder la cuvette de l’avion.

Le « compagnon » de la gaulliste pure et dure fera partie de la charrette, lui qui fut quelque peu « Ollier, Ollier » dans ses rapports et son tropisme avec la Libye : il pourra désormais monter une petite amicale des « nostalgiques » du dictateur Kadhafi tandis que  MAM, une fois mise sur la touche, se reconvertirait, dit-on, dans le « consulting » auprès de la chaîne de télé locale de Saint-Jean-de-Luz, rubrique pelote (basque).

Diplomatie foutaise

Publié: 18 février 2011 dans Politique
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Sous la direction de Nicolas Sarkozy, le petit père des pleutres, notre pays est tombé bien bas, mais pouvait-il descendre encore (Quo non ascendam ? est intraduisible pour les ignares du gouvernement) ? La diplomatie française est une diplomatie foutaise.

Avec la révolution tunisienne, puis égyptienne, et, dernièrement, l’épisode franco-mexicain, la France a montré quelle était réellement son image dans le domaine des « affaires étrangères » : brouillée, tavelée, aveugle. Incapacité totale à déceler les mouvements profonds des peuples, focalisation obsessionnelle sur l’Islam – voir la loi sur la burqa et maintenant la mise en garde grotesque du président de la République contre les « appels à la prière »,  y compris pour les cloches du dimanche ? – liens quasi incestueux avec des dictatures où la question des libertés n’a jamais été posée clairement (beurk ! ces « droits-de-l’hommistes » !), priorité donnée à l’économique sur l’éthique.

Et voici que Ben Ali serait très mal en point, d’après une info révélée dès le 16 février sur « le blog tunisien » indispensable du journaliste Nicolas Beau (auteur avec Catherine Graciet de La Régente de Carthage, La Découverte, 2009), et reprise tardivement par l’AFP puis l’ensemble de la presse.

Un écrivain, membre de l’Académie française, avait, il y a quelques mois, démissionné avec fracas de son poste d’ambassadeur au Sénégal : Jean-Christophe Rufin n’acceptait pas les méthodes de la « Françafrique » et se retirait courageusement du jeu sordide auquel on voulait le contraindre.

Mais Michèle Alliot-Marie, dite MAM, « gaulliste du renouveau », a réussi, elle, à faire devenir, en deux coups de cuillère à pot, la diplomatie française la risée du monde entier, en mélangeant allègrement affaires « étrangères » et « étranges », ou d’ordre privé, avec son « excursion » tout à fait imprévue au pays du dictateur Ben Ali, en compagnie de ses dynamiques parents de 94 et 92 ans, accros au loto financier. Et François Fillon ne fut pas en reste avec ses vacances de fin d’année au pays du dictateur Moubarak, tandis que Nicolas Sarkozy allait se faire dorer la pilule chez notre ami (fils de l’ancien) le roi du Maroc.

(Lemonde.fr du 17.2.12. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

Au fait, l’impayable trio de « décideurs » de la République était donc absent à la fin de l’année dernière ? Qui assurait la permanence à l’Elysée et à Matignon ? Imaginons un coup d’Etat militaire… Mais, en France, depuis le fameux « quarteron de généraux » soutiers de l’OAS, nous n’avons plus que des ganaches aux ordres et sans audace. Un jour, ils se sont exprimés dans la presse, sous pseudonyme, et puis sont illico rentrés dans le rang. Alain Juppé n’a rien à craindre de ce côté-là.

Mais dans quel pays démocratique les agissements (mensonges répétés, petits arrangements,  faveurs de toutes sortes…) et la myopie politique d’une MAM n’auraient-ils pas été sanctionnés immédiatement ? Pour la justice et la fort médiatique « affaire Laëtitia », on a vite trouvé un bouc émissaire. Pour les affaires étrangères, avec les palinodies du petit épicier de l’Elysée concernant Florence Cassez, c’est le désastre. On en viendrait presque à regretter un Bernard Kouchner s’il n’était, hélas, fort occupé à fourguer ses conseils purement désintéressés et « bénévoles » sur le système de santé en Guinée (merci à Pierre-Jean C.).

Non, les révoltes ont beau se succéder au Maghreb et au Moyen-Orient, et les « dominos » chuter les uns après les autres, la diplomatie foutaise regarde, contemple, se tient coi. Le changement a lieu sans que la France n’ait jamais rien anticipé, deviné, échafaudé : les affaires étrangères… étaient, avant tout, des affaires financières !

Combien de temps MAM restera-t-elle à ce poste qui devrait être pourtant stratégique ? Son sort semble désormais scellé, reste à définir la date de son « exfiltration » du gouvernement : après les élections cantonales qui devraient déjà donner un sérieux avertissement au pouvoir en place ?

En attendant, afin qu’elle puisse dissimuler son humeur maussade et cassante, L’Irréductible lui propose de se déplacer grâce à un moyen de transport sans ailes et aux vitres à moitié fumées :  là, au moins, elle ne risquerait pas d’être reconnue et vilipendée pour son incompétence crasse, ses intérêts particuliers (fermez la parentèle), son adhérence super-Glu au pouvoir et sa dérisoire autosatisfaction.

(Photo : Paris, Boulevard Saint-Martin le 16 février. Cliquer pour agrandir.)

Après la révélation, hier, tôt le matin, par France Inter (info reprise seulement à 12h.25 sur le monde.fr) du week-end « discret » de Nicolas Sarkozy à New York, c’était la défense (anti-aérienne) piteuse de Michèle Alliot-Marie (MAM) jusque devant l’Assemblée nationale (« J’ai tout dit et je ne dirai plus rien ! »), tandis que les vacances de fin d’année du Premier ministre François Fillon en Egypte étaient relatées dans leurs moindres détails par un communiqué officiel tentant de prendre de court, « dans un souci de transparence », la parution du Canard enchaîné de ce jour.

L’escadrille de choc en piqué(s) : Sarkozy, MAM, Fillon (après Estrosi, Joyandet…). Serions-nous gouvernés par le staff d’une compagnie aérienne ?

(Lemonde.fr du 8 février à 21h.21. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

Pourtant, soyons sérieux : tout ceci n’est que peccadilles, billevesées, tempête dans un verre d’eau ! Les procédures des voyages avaient été respectées, les billets de transport aérien dûment payés – car l’Etec exige, depuis peu, l’éthique – et les « excursions » avaient pu se dérouler sans problème : ici un magasin américain de jouets, là le désert tunisien et ses mirages (il paraît que, depuis, Ben Ali se serait évanoui dans la nature ?), là-bas le temple mystérieux d’Abou Simbel, atteint en avion, et la vallée du Nil, en bateau…

Nos hommes et femmes politiques, ministres ou pas 365 jours par an, ça dépend s’il y a du vent de sable, ont bien le droit à quelques jours de vacances et à « se poser » comme un aéroplane avec des ailes !

Est-ce vraiment digne de la France, ce déferlement médiatique ? Notre image ne va-t-elle pas souffrir à l’étranger à cause de tout ce « foin » que des journalistes irresponsables agitent par ballots entiers dans le seul objectif de vendre leur camelote et des pages de pub sur papier ou sur écran ?

(Photo prise hier matin à Paris. Cliquer pour agrandir.)

Nicolas Sarkozy est un adorable papa, même par procuration (souvenons-vous du petit Aurélien, le fils de Carla, perché sur ses épaules présidentielles à Pétra, en Jordanie, se cachant les yeux des photographes), et MAM est une bonne fille, voyons ! Elle possède une certaine éducation et de la classe (sans luttes, si possible). On veut lui chercher noise alors qu’elle a le droit, comme un simple prolo et « des millions de Français », de s’envoler, pour les fêtes de fin d’année, respirer les effluves enivrantes des étendues désertiques du côté de Tozeur.

Quant à François Fillon, qui oserait jamais imaginer que cet homme – propriétaire d’une très modeste demeure dans la Sarthe – n’est pas la rectitude même, la moralité incarnée et le sens de l’Etat chevillé au corps, de la même manière qu’il lui arrive parfois d’être ceinturé dans un baquet de voiture de course ?

En réalité, tout ceci n’est que rideau de fumée : les vrais problèmes seront traités jeudi soir à la télévision par le président de la République lui-même, et les récentes fariboles new-yorkaises, comme les escapades ministérielles de fin d’année en Tunisie et en Egypte, n’intéressent pas les Français au premier chef. Jean-Pierre Pernaut saura d’ailleurs diriger le débat sur TF1 dans le sens qui convient et Michel Houellebecq devrait apprécier cette double prestation.

Ensuite, tout le monde ira se coucher, et les jours succéderont aux nuits comme lorsque le vinyl du soleil  disparaît derrière les temples d’Abou Simbel. Le slogan « Sarkozy, dégage ! » n’a pas encore été importé en France – par avion – depuis Tunis ou Le Caire.

(Photo prise hier soir à Paris. Cliquer pour agrandir.)

Face au soulèvement actuel du peuple tunisien contre Ben Ali et son régime dictatorial, et en regard de la répression engagée, le gouvernement français, depuis plusieurs jours, brille par son silence gêné puis ses déclarations honteuses.

Michèle Alliot-Marie (MAM),  toute récente ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, a en effet osé affirmer, mardi dernier à l’Assemblée nationale, en lisant un papier officiel : « Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type. C’est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie], dans le cadre de nos coopérations, d’agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l’assurance de la sécurité (sic). »

(Vidéo diffusée par BFM TV. Le tag a été rajouté : cliquer pour agrandir.)

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, avait estimé, lui, dimanche sur Canal + : « Il y a une opposition politique mais qui ne s’exprime pas comme elle pourrait le faire en Europe. Mais dire que la Tunisie est une dictature univoque, comme on le fait si souvent, me semble tout à fait exagéré. »

Quant au porte-parole du gouvernement – l’Elysée n’en a plus depuis que David Martinon a « tué le job » il y a deux ans – François Baroin, accessoirement ministre du Budget, la position « diplomatique » qu’il a exprimée hier tient en ces mots lénifiants : « Nous avons déploré tout de suite les événements, les violences qui ont eu lieu en Tunisie et qui ont fait des victimes. Nous faisons part de nos préoccupations sur les tensions sociales actuelles. Nous appelons naturellement à l’apaisement, car seul le dialogue permettra de surmonter les problèmes économiques et sociaux en Tunisie. »

L’arsenal de la politique étrangère de la France vis-à-vis de notre « ancien protectorat » est donc déployé. La lourde barque des accommodements politiques français avec l’autocrate Ben Ali flotte sur la Méditerranée, tout en prenant manifestement l’eau.